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par David MICHEL  Didier Piter 

Avec quatre titres de champion de France (dont un acquis au mois de juillet dernier) et quatre titres de champion d'Europe à son actif, Didier Piter est depuis dix ans le meilleur ambassadeur du surf europeen à travers le monde. Il a su prouver grâce à sa hargne et à sa motivation que la France est, elle aussi, une grande nation du surf (5éme au rang mondial). Entretien avec un professionnel enthousiaste et passionné.

PAGE SOMMAIRE



Didier PITER
Né en 1971 à Dakar (Sénégal)



Palmarès :
Champion d'Europe : 1991, 1993, 1996, 1999
Vainqueur coupe d'Europe : 1994
Champion de France : 1990, 1993, 1994, 2000
Vainqueur de la coupe de France : 1991 et 1992
Champion universitaire de Californie en 1993





Didier Piter surfe aussi sur le net :
"Grâce à Internet je communique énormément. J'ai totalement adopté cet outil et j'avoue ne plus pouvoir m'en passer. Je reçois et j'envoie des mails constamment avec le monde entier. Je me branche beaucoup quand je suis en voyage. Mon ordinateur portable ne me quitte pas et j'en profite également pour surfer sur des sites pour voir l'état des vagues dans les différents pays."



LIENS E-MAIL : piter71@aol.com


















 Dakar-Paris

" J'ai grandi au Sénégal. Le surf était alors un sport inconnu sauf pour une poignée de français, installé là-bas. Un jour, mon frère a essayé et j'ai complètement flashé dessus. Je m'y suis mis à mon tour, je devais avoir douze ans. J'ai d'abord récupéré la vieille planche de mon frère.
A 18 ans, et une fois le bac en poche, j'ai quitté le Sénégal pour suivre des études de commerce international à Paris. Pour moi, qui avait toujours vécu au Sénégal, le changement a été radical.
Dans ma dernière année d'étude était inclus un stage à l'étranger. J'avais le choix entre l'Australie et la Californie. J'ai opté pour San Diego, en Californie, car j'y avais des contacts. En fait, quelques années auparavant j'avais fait la connaissance de Rob Machado (un des meilleurs surfeurs mondiaux) et de sa famille lors d'une competition et le courant était bien passé. Ils m'ont donc hébergé pendant cinq mois."


 Les compétitions

" Opter pour une carrière pro s'inscrivait totalement dans mon caractère. J'ai toujours besoin de me fixer des challenges et de me surpasser. Les compétitions sont un bon moyen de progresser. Sans elles, j'ai tendance à penser que l'on stagne. L'esprit de compétition me plait car je suis un gagneur.
A la pire époque, j'enchainais une trentaine de compét' dans une année. Maintenant, je me suis calmé. Je pense avoir trouvé mon équilibre. Je n'en fait plus qu'une douzaine par an. Je surf davantage pour le plaisir. Je suis inscrit pour l'EPSA, pour la Triple Crown à Hawaii, je suis invité au Tahiti Pro et je vais participer aux étapes WQS cet été, en France.
Avant j'étais très souvent parti. Maintenant, je ne pars que trois mois dans l'année, et en plusieurs fois, ce qui me permet de rester le plus souvent possible chez moi.
Le but de ma carrière était de me faire plaisir tout en progressant. Je me rends compte que mon sentiment sur le surf n'a pas changé, je prend toujours autant de plaisir. La passion est fondamentale pour réussir."


 L'esprit du surf

" Je pense qu'il manque aux surfers français un certain état d'esprit. En France, même si techniquement nous sommes au point, il nous manque de la consistance et de l'expérience pour arriver au meilleur niveau. Mais tout cela est en train de changer. La notion de voyage est très importante pour pouvoir se confronter aux autres. La nouvelle génération à cette chance. De plus, elle est avertit.
Nous sommes reconnus et respectés même à Hawaii. Les choses se mettent en place petit à petit. Partout où je vais, je me rends compte que les surfers français sont bien perçus. Pour cela, nous avons de bons ambassadeurs comme Fred Robin, Micki Picon, Laurent Pujol.
Avec les autres surfers, j'ai de bons rapports. Nous formons une petite communauté. Je respecte tout le monde. Mais, en compétition, j'ai tendance à me refermer sur moi-même pour pouvoir atteindre mes objectifs. Cela ne m'empêche pas pour autant de faire la fête, les surfers sont avant tout des bons vivants.
Ce que je préfère dans mon style de vie ce sont les voyages. Prendre des vagues avec des amis à l'autre bout du monde. J'aime le côté exotique. C'est la magie du surf."


 La magie tahitienne

" Ce qui me plaît dans le surf c'est la mobilité, la glisse, le fait de se déplacer en mouvement sur un élément liquide. J'ai la sensation de flotter. Pour moi, être au contact de l'eau c'est naturel, je m'y sens bien.
Tahiti est mon endroit préféré pour la puissance des vagues. Dakar, pour le côté affectif, reste aussi un endroit privilégié dans mon coeur. Mon meilleur trip reste cependant Tahiti et à n'importe quel moment. Là-bas, c'est avant tout la notion de climat qui prime. Les conditions sont tellement parfaites que tu te sens dans l'élément. Tu ressens la sensation, tu es bien dans l'eau, il n'y a rien d'hostile. Tu es prédisposé à bien surfer. C'est un endroit unique sur Terre. L'eau est turquoise, la forme des vagues est parfaite et il n'y a pas trop de vent car il y a un anticyclone en permanence au dessus de l'île. La houle vient donc de loin, c'est très propre. Le corail n'est pas très dérangeant et puis le but est de jouer sans se faire mal.
Tu vis ta vie en fonction du soleil. Tu te lèves à 4h du matin en même temps que les coqs. Tu es en fait obligé de vivre à la tahitienne. Tahiti, pour moi c'est le "mana" (esprit positif). Je me verrais bien aller y vivre plus tard."


 Planches et sponsors

" Avec Jean-Pierre Stark, mon shaper, nous travaillons en pleine synergie. Notre collaboration ressemble à une lutte car nous devons trouver le moyen de réaliser les planches dont j'ai besoin. Nous sommes toujours en alerte. Lui s'occupe du côté technique moi j'essaie de lui faire comprendre ce que je recherche. Par an, j'utilise une vingtaine de planche. Je dois toujours en avoir en réserve car à Hawaii par exemple, elle se casse facilement. C'est très fragile.
Mes sponsors financent mes voyages. Je suis liés à Gotcha, Oakley et à Victory. Gotcha m'habille depuis 7 ans et en contre partie ils utilisent mon image pour des films et des photos publicitaires. Depuis 10 ans, je regarde le monde à travers les lunettes Oakley. Pour les combinaisons, c'est Victory qui m'habille et là aussi ils utilisent mon image. Les sponsors me permettent de vivre ma passion à fond. Nous vivons comme des rois sans l'argent des rois.
Depuis peu, je travaille pour le team Gotcha. Cela équivaut à un mi-temps. Je m'occupe du marketing et de la promotion. Pour moi, c'est une suite logique. Je ne me vois pas faire autre chose.
A la fin des années 80, il est en plein boom. Tout le monde a pu découvrir ce sport et il y a dix fois plus de participants. Il y a encore du travail certes mais depuis quelques années le surf a pris un tournant beaucoup plus professionnel. Il y a désormais un véritable enjeu économique. Cela permet au surf ce progresser. Nous sommes également mieux équipé. Le surf est devenu plus abordable."


TRANCHE DE VIE : Roland Calaudi (le baroudeur)



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