MAUVAIS TEMPS POUR MOREAU
Par Stéphane BITTON, à Montpellier

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Il est des étapes, dites de transition entre Alpes et Pyrénées, mais qui finalement n'en ont que le nom. Aujourd'hui, donc, entre Marseille et Montpellier, les coureurs comme les suiveurs s'accordaient à dire : « qu'il ne se passerait rien ou pas grand chose, qu'il y aurait tout au plus, quelques échappés, repris ou pas, puis une arrivée au sprint qui sourirait à Boonen, Hushovd, Zabel ou Chavanel ».
Dès le début de la course, Stéphane Augé (Cofidis) et Freddy Bichot (Agritubel) étaient les premiers à sortir du peloton mais ils étaient vite repris. La monotonie n'avait guère le temps de s'installer que Jens Voigt (CSC), Sylvain Chavanel (Cofidis), Pierrick Fédrigo (Bouygues), Benoît Vaugrenard (Française des Jeux) et Daniele Bennati (Lampre) sortaient à leur tour. L'histoire retiendra que c'est au kilomètre 31 que se produisait l'incident du jour. Celui qui portait tous les espoirs français, Christophe Moreau, chutait. Le champion de France était touché sur le côté droit. Et les choses ne s'améliorait pas pour les AG2R, il y a des jours comme ça, puisque Sylvain Calzati abandonnait, lâché par ses genoux, tandis que Simon Gerrans faisaient appel à la voiture médicale.
Moreau perd du temps
Au kilomètre 52, l'écart se montait à 1'50'' entre les échappés et le reste du peloton. Puis, Vaugrenard, Bennati et Sylvain Chavanel faussaient compagnie à leurs collègues échappés. Isolés, les six autres étaient repris par un peloton lancé à vive allure.
Huit coureurs partaient en poursuivants avec parmi eux, Christophe Rinero (Saunier Duval) et Thomas Voeckler (Bouygues) qui avait à coeur de redorer le blason des Bouygues Telecom. La course ne connaissait pas de répit puisque Fofonov (CA), Florencio (Bouygues), Wegmann (Gerolsteiner) et Gilbert (FDJeux) s'extrayaient du peloton au kilomètre 87. Un peu plus loin, les écarts étaient conséquents. Les quatre coureurs de tête possédaient 30'' d'avance sur Millar intercalé et 2'24" sur le peloton. Au prix d'un violent effort, David Millar revenait sur les quatre échappés. Les relais étaient pris régulièrement et l'ardoisier indiquait sept minutes d'avances pour les cinq hommes de tête.
Au km 112, le « grand piégé du jour », Christophe Moreau comptait une minute de retard sur le peloton. Derrière les cinq échappés, le groupe maillot jaune pointait à 3'45". Le groupe Moreau était une minute derrière. Mais les écarts grandissaient passant de 1'30'' à 2'. Les AG2R se lançaient dans une sorte de contre-la-montre par équipe pour ramener leur leader. En vain. L'écart devenait un fossé pour monter à plus de trois minutes. Le Tour échappait au Français.
Hunter en chasseur
Dans les derniers kilomètres, Alexandre Vinokourov se rappelait au bon souvenir de chacun. Baroud d'honneur ou intox ? La réponse serait pour bientôt. Sous la flamme rouge marquant le dernier kilomètre, le rétrécissement de chaussée provoquait une chute. Les Liquigas lançaient le sprint. Tom Boonen manquait de tomber et ne pouvait prendre correctement son virage. Robert Hunter, le Sud-africain de la Barloworld, réglait, en costaud, le sprint sur la ligne à Montpellier, devançant Fabian Cancellara battu d'un rien. C'est une première pour un coureur venu d'Afrique du Sud. Christophe Moreau, dépité, passait la ligne avec 3'16'' de retard. Il est le grand battu du jour. Pourvu que ce ne soit que du jour.














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