VALVERDE EN IMPOSE
Par Stéphane BITTON, à Plumelec

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N'en déplaise aux pisse-froid, le Tour de France garde une popularité intacte et impressionnante. Et ce n'est pas l'immense foule côtoyée ce samedi matin, à Brest, à l'occasion du grand départ du 95e Tour de France, qui nous ferait penser le contraire. Mieux même, tout au long d'un parcours semé de difficultés, se massait un public venu en nombre et digne d'une étape de montagne. Et comme en symbiose avec «leur» public, les coureurs ont répondu présent pour nous faire vivre une étape nerveuse, intéressante et déjà riche d'enseignements.
Jégou sur ses terres
Dès les faubourgs de Brest, on sentait les coureurs impatients d'en découdre. L'intuition était la bonne. Il ne fallut pas plus de quatre kilomètres pour voir l'un des régionaux de l'étape (né à Brest et installé à Vannes), Lilian Jégou (Française des Jeux), porter la première attaque de cette Grande Boucle 2008. Sept autres coureurs se joignaient à lui, Ruben Perez (Euskaltel), Jose-Luis Arrieta (AG2R), Geoffroy Lequatre (Agritubel), Björn Schröder (Milram), Thomas Voeckler (Bouygues), David De la Fuente (Saunier Duval) et Stéphane Augé (Cofidis). Ils allaient être les grands animateurs de cette première étape. Le peloton, sans réaction immédiate, permettait à l'écart de se creuser pour atteindre un temps remarquable avoisinant les huit minutes. Très en vue depuis le départ, Stéphane Augé (Cofidis) tentait de surprendre ses compagnons d'échappée en plaçant une escarmouche, annihilée par le vigilant Schröder qui ne laissait pas partir le Français.
Derrière, la réaction venait principalement des Crédit Agricole qui emmenaient le peloton avec le secret, pas si secret que ça, espoir de favoriser une arrivée au sprint forcément favorable à leur leader Thor Hushovd. Parmi ceux-là , Rémi Pauriol se montrait le plus actif. Immanquablement, l'écart se réduisait. En parallèle, la bataille pour le maillot à pois s'engageait. Au col de Toullaëron, Jégou devançait Voeckler puis Schröder. La lutte allait se poursuivre jusqu'à la ligne d'arrivée pour départager Voeckler de Schröder. Outre les Crédit Agricole, la Rabobank et la Caisse d'Epargne se relayaient pour ramener l'écart à 3'10''. Stéphane Augé (COF) tentait, une fois encore, se s'extraire du groupe de tête, sans succès.
Un final haletant
David De la Fuente et Lilian Jégou (FDJ) partaient pour un raid qu'ils crurent longtemps le bon mais qui se terminait à quelques hectomètres de l'arrivée par. une «sympathique» poignée de main. Entre-temps, le peloton reprenait les six poursuivants puis la doublette Jégou-De la Fuente. Dans le final, Stefan Schumacher (Gerolsteiner) plaçait une ultime attaque avant de voir arriver comme une fusée un Alejandro Valverde surpuissant et plein de panache. Victoire d'étape, maillot vert et surtout premier Maillot Jaune. Ce n'est sûrement pas le dernier.














 Les archives du Tour avec l'INA




