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TOUR DE FRANCE

Vendredi 18 juillet 2008

13e étape : Narbonne - Nîmes
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CAVENDISH SANS PARTAGE
Par Anthony THOMAS (à Nîmes)

Le Britannique Mark Cavendish décroche son quatrième succès personnel vendredi en remportant le sprint massif à Nîmes devant l'Australien Robbie McEwen et le Français Romain Feillu. Il égale ainsi la performance de deux autres Italiens, Mario Cipollini (1999) et Alessandro Petacchi (2003), vainqueurs eux aussi de quatre sprints. L'Austarlien Cadel Evans reste en Jaune.
A Nîmes, Mark Cavendish à réglé au sprint sa quatrième victoire d'étape. (L'Equipe)
 
A Nîmes, Mark Cavendish à réglé au sprint sa quatrième victoire d'étape. (L'Equipe)

La maxime de l'Anglais Gary Lineker est devenue proverbiale : « Le football se joue à onze contre onze et à la fin, et l'Allemagne gagne à la fin ». Son compatriote Mark Cavendish peut désormais lancer sa propre version pour le Tour de France : les sprints massifs se jouent entre 158 cyclistes et Cavendish gagne à la fin. Le jeune sprinteur du Team Columbia a remporté vendredi au terme de l'interminable ligne droite de Nîmes (1,9 km) le quatrième sprint sur plat disputé depuis Brest. Une nouvelle fois, il a fait dérailler les trains Crédit Agricole, Milram ou Liquigas pour s'imposer avec trois longueurs d'avance malgré le vent de face. Les francs-tireurs Robbie McEwen (Silence-Lotto) et Romain Feillu (Agritubel), deuxièmes et troisièmes, n'ont même pas eu l'ombre d'un espoir sous la chaleur méridionale.

Un peu dégrisé par le cas Ricco, le peloton ne laisse même plus rêver les échappés depuis deux jours : dès la sortie de Narbonne, deux coureurs, Niki Terpstra (Milram) et Florent Brard (Cofidis), ont obtenu le bon de sortie du jour, avec la consigne express de ne pas trop s'éloigner. Pas fâché d'avoir à contrôler une échappée de deux hommes, le peloton a laissé les fuyards s'user sous le soleil, s'engluer sur le goudron fondu dans une chasse sans trésor. Après avoir atteint leur avance maximale au km 21 (9'55''), Terpstra et Brard ont pu remplir leurs poches avec les primes des ascensions et sprints intermédiaires avant de rentrer dans le rang dès que le peloton a sifflé de la récré. Ni le pied de nez du Néerlandais, reparti dans les 25 derniers kilomètres, ni l'attaque en solo de Sylvain Chavanel à 10 kilomètres de l'arrivée n'ont empêché de Cavendish de lever à nouveau les bras.

Ricco et Piepoli licenciés

Le Tour a tremblé hier avec l'annonce du contrôle positif de Riccardo Ricco et chacun craint encore les répliques du séisme vendredi entre Narbonne et Nîmes. « Il y aura encore des accrocs, des journées difficiles », a prévenu Patrice Clerc le patron d'ASO, organisateur du Tour, et chacun serre les dents, tend l'oreille aux rumeurs jusqu'au prochain tricheur démasqué. Vendredi après-midi, Saunier-Duval a tenté de se racheter une conduite en licenciant non seulement Riccardo Ricco, positif à l'EPO, mais aussi Leonardo Piepoli, vainqueur à Hautacam. L'Italien n'a toujours pas été attrapé par les contrôles antidopages mais il aurait « violé le code éthique de l'équipe ». Cette initiative du manager Mauro Gianetti suffira-t-elle à changer l'opinion de Christian Prudhomme qui croit peu en la vertu du Suisse ? Vendredi matin, le village-départ bruissait d'ailleurs des zones d'ombre de la carrière de Gianetti : victime d'un terrible malaise sur le Tour de Romandie en 1998, Gianetti avait été hospitalisé pendant dix jours en soins intensifs. Deux médecins suisses avaient alors alerté la justice, accusant Gianetti d'avoir pris du PFC (perfluocarbone), aux effets similaires à l'EPO.

Toujours en colère contre le manager de Saunier-Duval après les nouveaux cas de dopage, Jean-René Bernaudeau le patron de Bouygues Telecom n'hésite pas à parler de la responsabilité des équipes : « Chez Barloworld, il y a un mec [Moises Duenas] qui se balade avec des médicaments dans les valises ! Mais il faut les ouvrir, ces valises ! On l'a fait avec Unai Yus [licencié en 2005] pour des produits qui n'étaient pas prescrits par le médecin de l'équipe. Ensuite, les coureurs qui se dopent n'ont pas fait cinq ans de médecine. La nouvelle loi française permet de les cuisiner : Qui vend les produits ? Qui les prescrit ? Qui explique comment les prendre ? » Si le peloton a préféré accueillir avec un soupir de soulagement le départ des Saunier Duval, le directeur sportif de Silence-Lotto Hendrik Redant : « Certains tricheurs sont partis, j'espère que d'autres vont suivre. Mais Cadel Evans n'a pas envie de gagner un Tour où tous ses concurrents ont dû partir. » Les CSC n'ont pas envie non plus de laisser gagner l'Australien et attendent impatiemment les Alpes. D'ici là le directeur Scott Sunderland annonce le programme : « Survivre à l'ennui ».

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