
Un spécialiste. Sur les trois dernières éditions de Liège-Bastogne-Liège, Alejandro Valverde a gagné deux fois (2006, 2008) et terminé une fois 2e (2007). Pour autant, l'Espagnol de la Caisse d'Épargne (photo L'Équipe) reconnaît qu'il n'était pas le «plus fort» ce dimanche, ce qui semble rendre sa victoire encore plus douce...
«Alejandro Valverde, étiez-vous le plus fort comme en 2006, l'année de votre premier succès ?
Aujourd'hui (dimanche), c'était Frank Schleck qui était le plus fort, comme à l'Amstel Gold Race déjà . Mais Rebellin et moi étions les plus rapides. J'ai l'expérience de cette course, premier en 2006, deuxième l'an dernier, c'est ce qui permet de bien doser ses efforts, de garder des forces pour le final.
La nouvelle côte (la Roche aux Faucons) a-t-elle été pour vous la clé de la course ?
Elle a fait la différence. C'est une côte très dure, surtout dans sa première partie. Je savais qu'il fallait en garder sous la pédale pour la partie finale, là où s'est faite la différence.
Avez-vous été surpris de voir Damiano Cunego et Cadel Evans flancher dans cette côte ?
J'ai calqué ma course sur eux, je pensais qu'ils pouvaient être les hommes forts. Puis j'ai vu qu'ils ne pouvaient pas suivre quand Rodriguez et Schleck ont attaqué. J'ai fait l'effort. Ils ont peut-être souffert de la chaleur, de la déshydratation.
Comment avez-vous fait pour neutraliser la course d'équipe des frères Schleck ?
Quand Andy Schleck a attaqué, Rebellin et moi nous sommes mis d'accord pour rouler derrière lui, sans être à fond, lui laisser une douzaine de secondes. On savait qu'en roulant à deux, on finirait par le reprendre.
Vous aviez annoncé que l'objectif principal n'était pas cette année les classiques de printemps mais le Tour de France...
J'ai moins couru que les autres années. Mais je me suis très bien entraîné et j'ai eu la chance d'avoir du beau temps chez moi à Murcie. Le fait d'avoir moins couru m'a donné une motivation supplémentaire, une envie encore plus forte de retrouver le vélo. Comme Liège-Bastogne-Liège n'était pas un objectif, j'ai pu aussi aborder la course plus tranquillement.
Vous semblez rayonnant...
Je n'avais pas à prouver quelque chose mais j'avais très envie de gagner, pour moi et pour l'équipe. C'est un rendez-vous important dans la saison. Je crois que je suis encore plus heureux que la première fois.
Un juge antidopage du comité olympique italien a souhaité vous entendre à propos de l'affaire Puerto. Quelle est votre position ?
C'est très clair. Je n'ai jamais été impliqué dans l'opération Puerto, si ce n'est par la presse, jamais par un juge. Si un juge italien m'appelle, il n'y a pas de souci, j'irai.
En l'absence d'Alberto Contador au prochain Tour de France, les chances espagnoles reposent d'abord sur vous...
J'aurai sans doute plus de pression mais il y a d'autres coureurs espagnols comme (Carlos) Sastre et (Oscar) Pereiro qui sont concernés. Quoi qu'il en soit, j'ai la pression dans toutes les courses, ça ne va pas changer grand-chose.» (AFP)

