David Moncoutié a remporté dimanche la 8e étape de la Vuelta, la deuxième dans les Pyrénées, à Pla de Beret. Le Français, qui a tenu le coup seul en tête malgré le travail de poursuite d'Alberto Contador (Astana) et d'Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne), permet à l'équipe Cofidis de briller à nouveau, après la prise de pouvoir de Sylvain Chavanel au terme de la 6e étape. Le maillot amarillo change d'épaules, pour revenir sur celles de Levi Leipheimer. L'Américain devance au général son coéquipier chez Astana, Contador, et Valverde. Carlos Sastre (CSC) est quatrième.
Il avait disparu de la circulation depuis deux ans, suite à une blessure à un genou. Il n'avait plus rien gagné depuis ses deux victoires sur les routes du Tour de France, en 2004 (11e étape à Figeac) et 2005 (12e étape à Digne-les-Bains). David Moncoutié est réapparu un peu plus à l'ouest, dans les Pyrénées, pour goûter à nouveau au champagne offert au vainqueur. «Après tous les problèmes que j'ai eus, c'est la première course où je me sens réellement de retour à mon niveau, explique le Français. La victoire s'est jouée à peu de choses. J'ai su que je pouvais gagner seulement à deux kilomètres de la ligne. L'échappée était une épreuve de force». Tout, en effet, a découlé d'une échappée à cinq, partie au km 38, en compagnie notamment de Christophe Kern (Crédit Agricole) et Sébastien Joly (FD Jeux). Dans un climat beaucoup plus agréable que la veille, les trois Français ont pris des relais et surveillé Juan Manuel Garate (Quick Step).
Contador grimpe, grimpe...
Mais ce n'est pas l'Espagnol qui a joué la carte solo. Après un peu plus de 90 km d'échappée, Moncoutié a relancé. Sans que ses compères ne se mettent d'accord pour répondre. À défaut, Joly s'est essayé à la contre-attaque, en profitant de la descente de l'avant-dernière difficulté de l'étape, le col de la Bonaigua (1ère cat.), pour revenir dans la roue de son compatriote. Pour une durée éphémère. Le Pla de Beret, col classé hors-catégorie menant à l'arrivée, a servi à faire le tri. Et révéler les costauds. Joly s'est éteint dans le peloton, tandis que Contador et Valverde l'ont fui, imités par Igor Anton Hernandez (Euskaltel). Les trois Espagnols ne se sont pas quittés d'une semelle, jusqu'au bout, et sont arrivés avec 34" de retard sur Moncoutié.
Leipheimer, qui a suivi à 5" en compagnie de Carlos Sastre (CSC), a fait l'essentiel pour reprendre le maillot amarillo. «Je suis ravi de ma situation actuelle, explique l'Américain. Mais l'équipe continue de travailler pour Contador. Il est le meilleur grimpeur au monde. Les ascensions du jour n'étaient pas assez rudes pour qu'il distance ses concurrents». Seules 21 secondes séparent les deux équipiers Leipheimer et Contador au général. Valverde n'est pas loin (49"). Sastre, l'autre favori, un peu plus (1'27"). Mais le récent vainqueur de la Grande Boucle sait qu'un Tour de cette ampleur ne peut pas être joué si tôt. «Ca va aller mieux, assure Sastre. La course est encore longue. Et si on peut perdre la Vuelta en une journée, on ne peut pas la gagner en une journée».

