«Johan Bruyneel, est-ce un avantage ou un inconvénient de compter plusieurs leaders ?
Plus facile ou plus difficile, je ne saurais le dire. Il faut savoir s'adapter. Avec un seul leader, il faut tout jouer sur un coureur. Il faut donc que tout soit parfait. (...) Mais la situation est claire, Alberto est le leader. Il a le dossard 21. Il a gagné les trois derniers Grands Tours auxquels il a participé. Je sais qu'il va y avoir beaucoup de tentatives pour créer des polémiques mais il n'y a pas de rivalité dans l'équipe.
Comment essayez-vous de faciliter les relations entre Contador et Armstrong ?
Certains facteurs ont compliqué la communication. Premièrement, ils n'ont pas eu beaucoup d'opportunités de se rencontrer avec le stage hivernal et un seul jour de course (avant la chute d'Armstrong au Tour de Castille-Leon, Ndlr). Ensuite, il y a la barrière de la langue et de la culture, même si Alberto parle anglais bien mieux que ce que vous pensez. Mais cette situation est la même dans toutes les équipes. Certains ne se voient que lors du stage en janvier et ne se croisent plus de l'année. C'est le rôle du manager de faire que tout se passe bien sur la route. Ensuite, cela se passe forcément bien à l'hôtel, au restaurant.
«Le programme d'Alberto, on sait qu'il marche, on l'a toujours fait avant. Pour Armstrong, on ne sait pas.»
Pour vous, quel est le meilleur coureur au départ de ce Tour ?
Le contre-la-montre de demain nous donnera une bonne indication. Mais depuis trois, quatre ans et sur les résultats de cette année, le favori est Alberto. Tout le monde ne pense qu'à la rivalité entre Lance et Alberto, mais il existe d'autres coureurs dans d'autres équipes. Pourquoi les médias ne parlent pas d'une éventuelle rivalité entre Alberto et Levi ? Celui-ci a fini à moins d'une minute d'Alberto au Tour 2007 et à la Vuelta 2008.
Vous avez critiqué Alberto Contador après sa défaillance lors de Paris-Nice. Qu'en pensez-vous avec le recul ? La confiance est-elle toujours la même entre vous ?
Il faut voir ce qui a été dit. Parfois on se laisse entraîner dans une conversation et on dit des choses qui peuvent être interprétées d'une autre manière dans un autre contexte. Mais ce n'était pas une défaillance. L'équipe n'était pas très forte. Tout le monde courait pour faire perdre Alberto. (...) Pour moi, c'est facile de lui faire confiance. Son intérêt est celui de l'équipe même s'il a connu des moments difficiles - en 2008 quand nous avons été privés des épreuves ASO et à la fin de l'année après l'annonce du retour d'Armstrong.
Qu'attendez-vous de Lance Armstrong au niveau sportif ?
Je ne sais pas. Avec les circonstances (fracture de la clavicule, Ndlr) et la priorité qu'il a accordée à sa vie privée, il a suivi un programme différent de d'habitude. Le programme d'Alberto, on sait qu'il marche, on l'a toujours fait avant : courir le début d'année avec deux, trois objectifs (Paris-Nice, Pays Basque), puis une coupure et une reprise avec des reconnaissances, plus le Dauphiné. Pour Armstrong, on ne sait pas.» - Recueilli par A. T.-C., à Monaco
Après les menaces voilées d'Alexandre Vinokourov qui se prépare à un conflit avec Johan Bruyneel pour revenir à tout prix chez Astana, le Belge a préféré éviter le sujet : «Tout ce qui peut nous distraire de la course, nous allons essayer d'en faire abstraction. L'équipe a besoin d'être concentrée, et moi aussi».

Notre consultant Jean-François Bernard revient sur la 6e étape de Paris-Nice, remportée...




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