« J'ai montré que j'étais le meilleur spécialiste de contre-la-montre ». Quand le double champion du monde (2006, 2007) et champion olympique de la spécialité Fabian Cancellara commente sa victoire dans le chrono de Monaco, le propos peut sembler arrogant. Mais pour l'ancien vainqueur de Paris-Roubaix et de Milan - Sanremo, le Maillot Jaune conquis dans la Principauté referme la parenthèse d'un printemps douloureux et rempli de doutes.
« Fabian Cancellara, avez-vous pris des risques pour remporter ce contre-la-montre ?
J'ai pris des risques, mais des risques justes, normaux. Je craignais un peu l'humidité et la chaussée glissante. Mais je sais vraiment bien piloter mon vélo. Je suis fier. Battre tout le monde avec le statut de favori, je suis encore plus fier.
Etait-ce votre stratégie de concentrer vos efforts dans la deuxième partie du parcours, en descente et sur le plat ?
Je savais qu'avec cette montée, je ne devais pas à être à bloc, avoir de l'acide lactique (à l'origine de crampes, ndlr). Finalement, c'est le plat qui a fait la différence. Je l'ai vu pour Menchov dans le final. C'est là que j'ai fait la différence. Dans la montée vers le Casino, Bjarne Riis m'a dit que j'étais parti vraiment fort. Ensuite, je garde le rythme jusqu'au sommet puis je fais l'effort. Dix-huit secondes sur Contador, c'est vraiment bien.
«Après ma chute, j'ai eu des difficultés à retrouver ma forme. (...) C'était un moment difficile car j'ai connu trois-quatre années avec de grandes victoires.»
Combien de temps espérez-vous conserver le Maillot Jaune ?
Aussi longtemps que possible. La course fait 3500 km. J'aimerais le garder jusqu'au contre-la-montre par équipes (mardi, ndlr). Faire comme à Londres (après sa victoire dans le prologue, il avait porté le Jaune pendant sept jours), ce serait vraiment bien mais il va falloir se battre assez dur dès demain. Pour l'instant, je profite mais il faudra rester concentré.
Au mois de mars, vous sembliez au plus mal. Qu'est-ce qui a changé depuis ?
Beaucoup d'entraînement et de sacrifices. Après ma chute (à l'entraînement début mars, ndlr), j'ai eu des difficultés à retrouver ma forme. (...) C'était un moment difficile car j'ai connu trois-quatre années avec de grandes victoires. C'était nouveau pour moi. C'était difficile car mon objectif du printemps, c'était le Tour des Flandres. Mais je savais que la saison était longue. J'ai disputé le Giro pour aligner les kilomètres, suivi de bons entraînements avant le Tour de Suisse où je suis arrivé sans connaître mon état de forme. » - Recueilli par A. T.-C., à Monaco

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