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EQUIPE DE FRANCE

Autriche - France, Qualifications Coupe du monde 2010

2008-2009
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LE BEAU PROJET BLEU
Par Cédric ROUQUETTE, à Vienne

Les qualifications pour la Coupe du monde débutent ce soir pour l'équipe de France, à Vienne contre l'Autriche (20h45). Là où l'Euro 2008 s'était achevé sans elle. Là où elle espère retrouver le goût de la victoire et d'un jeu qui ferait à nouveau vibrer.
L'équipe de départ devrait être la même qu'en Suède (3-2), sans Malouda mais avec Nasri. (L'Eq.)
 
L'équipe de départ devrait être la même qu'en Suède (3-2), sans Malouda mais avec Nasri. (L'Eq.)

Oublier l'échec de l'Euro

Passer à autre chose, et vite. Un autre théâtre que l'Ernst-Happel Stadion de Vienne aurait aidé les Bleus dans leur besoin viscéral de tourner la page de l'Euro 2008. L'endroit les confronte à la violence de leur échec, au moment de débuter, ce soir, les qualifications pour la Coupe du monde 2010 face à l'Autriche, avec un double devoir de victoire et de séduction. S'ils avaient battu l'Italie en match de poule (0-2), c'est là qu'ils auraient affronté l'Espagne en quart de finale. A peine dix jours plus tard, c'est sur cette même pelouse que la Seleccion avait remporté le trophée contre l'Allemagne (1-0), avec un jeu si ambitieux et plaisant qu'il a porté un discrédit considérable au projet technique restrictif incarné par les Bleus dans la Suisse voisine. Il reste quelque chose de ce parfum enivrant dans l'air viennois, à commencer par une météo franchement estivale. Pour les Français, l'urgence est pourtant d'enterrer ce mois de juin brûlant dans les brumes d'un lointain souvenir. Et de s'affirmer comme les patrons d'un groupe 7 dont ils sont les favoris. Facile à dire. Moins à réaliser.

A une époque où il avait d'autres types de problèmes, Raymond Domenech avait estimé que son effectif était resté prisonnier de l'épisode Coupe du monde jusqu'en octobre 2006, date d'une défaite en forme de rappel à l'ordre en Ecosse (0-1). Pareil prolongement n'est pas pensable aujourd'hui. Il emporterait beaucoup de choses sur son passage. Dans un groupe où seul le premier se qualifiera directement pour la Coupe du monde *, il dramatiserait déjà la réception de la Serbie, mercredi prochain et enclencherait le processus du fragilisation de Raymond Domenech et de Jean-Pierre Escalettes, désormais liés dans la réussite ou l'échec. Par choix autant que par nécessité, 2008 est cependant très différent de 2006 sur le plan des ressources humaines. Plus question de prolonger un savoir-faire avec les mêmes hommes, comme le sélectionneur l'avait alors tenté. Il faut se réinventer. La sortie de crise, si elle débute sur de bonnes bases, sera l'oeuvre d'un effectif profondément rénové. Thuram est retraité, Makelele en réserve de la République, Coupet non retenu, Sagnol et Vieira en phase de reprise, Abidal suspendu, Malouda remplaçant.

Un 4-4-2, comme à l'Euro, mais très rajeuni

De l'équipe qui a débuté l'Euro, ne survit qu'un 4-4-2 à deux attaquants, le duo Henry - Benzema, Toulalan à la récupération et Gallas en défense centrale. Evra et Govou sont restés dans le train, qu'ils ont pris en cours de route. L. Diarra, Mandanda et Nasri se sont affranchis du banc. Mexès et Sagna ont surmonté l'amertume de leur absence de la liste des vingt-trois. La FFF, qui veut rendre sa vitrine à nouveau attractive, voit ce rajeunissement comme une bénédiction. La victoire amicale en Suède (3-2), il y a moins de trois semaines, a donné exactement ce que la fédé souhaitait et ce que le sélectionneur craignait : plus de souffle et d'idées dans le jeu vers l'avant, tellement plus d'occasions et d'espaces offerts à l'adversaire face à un édifice défensif encore fragile. Le parfum de la compétition devrait empêcher la reconduction d'un tel scénario. On peut soupçonner Raymond Domenech d'avoir demandé à ses hommes de réviser le manuel du bloc-équipe : c'est probable. Mais c'est surtout dans l'identité de jeu de l'Autriche - moins forte et complète que la Suède - que les ingrédients du match fermé sont réunis. «Les Italiens m'ont dit : c'est pas des phénomènes, ils ont les pieds carré, racontait hier Mexès à L'Equipe. Mais à la fin, ils ont fait 2-2 (NDLR, le mois dernier en amical), donc il faudra se méfier». Réputé maître tacticien et très à cheval sur la solidarité défensive, le nouveau patron de la sélection autrichienne, Karel Brückner, laissera aux Bleus le soin d'appliquer leur programme de reconquête par le jeu, avec l'espoir de gicler en contres ou de profiter de coups de pied arrêtés. Il y a encore trois mois, la crainte de subir ça avait conduit les Tricolores à ériger le parfait contre-exemple de ce que tout le monde attend d'elle. Cela s'appelait France - Roumanie (0-0). Plus jamais ça, avait tonné Jean-Pierre Escalettes. Jamais commence ce soir.

* Les treize qualifiés de la zone Europe seront les neuf premiers de chaque groupe, plus les quatre vainqueurs des barrages opposant les huit meilleurs seconds.

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