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LIGUE DES CHAMPIONS

Demi-finale aller, Manchester United - AC Milan : 3-2

2006-2007
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ET DIRE QU'IL Y AURA UN MATCH RETOUR...
Par Cédric ROUQUETTE

A l'issue d'une demi-finale de Ligue des champions digne de beaucoup de superlatifs, Manchester United a fini par battre un AC Milan (3-2) qui menait pourtant 2-1 à la 37e minute. Après l'ouverture du score de MU, un doublé de Wayne Rooney a succédé à un doublé de Kakà.
 
Cristiano Ronaldo dispute un ballon de la tête à Massimo Oddo. (L'Equipe)

Milan a du mal à finir ses matches

Il se passe toujours quelque chose à Old Trafford. Manchester United a beau briller en Ligue des champions seulement par intermittence - première demi-finale depuis 2002 -, c'est dans son Théâtre des rêves et nulle part ailleurs que s'écrivent les plus belles pages de la C1 dans sa version moderne. Si l'envie lui en prend un jour, l'UEFA éditera un DVD de la fabuleuse trilogie suivante : MU - Real Madrid (4-3, 2003), MU - AS Roma (7-1, 2007) et MU - AC Milan (3-2, 2007). A chaud, il semble un peu vain de spéculer sur l'intérêt des deux buts à l'extérieur ramenés par l'AC Milan (statistiquement, MU n'a que 34% de chances de passer), ou d'imaginer ce que sera le casse-tête de Ferguson pour bâtir une défense sans Evra, suspendu. Cette première demi-finale aller fut avant tout un grand, un immense match de football entre deux formations égales dans leur volonté de jouer, de créer, et de porter fièrement une idée très collective du jeu. Il se trouve aussi que la décision s'est faite dans le temps additionnel, et que les quatre derniers buts furent magnifiques. Bonne nouvelle : il y aura un match retour.

Milan doit sa défaite à sa difficulté désormais évidente à finir les matches de ce niveau. Le Bayern, en quart de finale, n'en avait profité qu'à aller (2-2, 2-0). Il regrettera surtout les deux changements auxquels a été contraint Carlo Ancelotti en l'espace de huit minutes, pour blessures. A la mi-temps, il remplaçait Maldini par Bonera, puis Gattuso par Brocchi. Milan perdit autant en valeur intrinsèque qu'Ancelotti en latitude pour bâtir son coaching. A ce moment, son équipe menait 2-1 grâce à deux buts de son meneur brésilien Kakà, magnifique de vitesse et de précision à la 22e minute, puis impressionnant de puissance face à trois défenseurs mancuniens effacés en quelques gestes déroutants (37e). C'est que l'expérience italienne avait fait son oeuvre après l'ouverture du score précoce dès la 5e minute, pour Manchester. Sur corner, un drôle de mélange entre une tête de Ronaldo, une sortie inaboutie de Dida et une charge de Heinze avaient conduit le gardien brésilien à un bien difficile retour à la compétition...

Un Rooney des grands jours

La seconde période fut moins équilibrée, ce qui ne veut pas dire moins magnifique. Le moindre geste de récupération était aussi époustouflant que tel contrôle orienté, telle transversale tout en maîtrise, le tout à un rythme fou. Juste avant l'heure de jeu, Manchester égalisa par un Rooney des grands jours, après une louche dans un tempo délicieux délivrée par Scholes, partout sur le terrain pour son retour de suspension (59e). Milan défendit son but avec des moyens de moins en moins licites, provoquant trois coups francs dangereux non convertis par Giggs et Ronaldo. Un 2-2 équitable se dessinait. Quand deux grandes équipes se neutralisent, il appartient aux grands joueurs de faire basculer les événements dans une dimension supérieure. A la 83e, Cristiano Ronaldo enchaînait dribble et frappe, contrée par un Dida retrouvé. A la première minute du temps additionnel, Rooney alliait puissance et précision pour une frappe sans contrôle qui rasait le poteau et faisait chavirer Old Trafford. Lors de son mythique parcours de 1999, MU avait éliminé une autre équipe italienne en demi-finale, la Juventus. 1-1 à l'aller, 3-2 au retour au Stadio delle Alpi. Aller marquer sur la pelouse d'une équipe italienne n'est pas exactement ce qui effraie Alex Ferguson. Surtout avec un but d'avance.

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