LE RÊVE EST PASSÉ
Par David MICHEL (Ã Manchester)

La semaine n'aura pas souri aux clubs français. Après la désillusion lyonnaise mardi contre la Roma (0-2), c'est Lille qui a été à son tour éjecté de la Ligue des champions. La France ne comptera pas de représentant en quarts puisque le LOSC n'a pas réussi l'exploit espéré, mercredi à Manchester, lors d'un huitième retour qui s'annonçait de toute façon très difficile à renverser. Les Dogues, battus à l'aller à Bollaert sur un coup franc vicieux de Ryan Giggs (0-1), ont plié une deuxième fois sur un but du Suédois Henrik Larsson en seconde période. S'il y avait de la place pour se frayer un chemin vers les quarts avant ce coup d'assommoir, la mission devenait subitement presque impossible. Lille manque de maturité mais n'a pas à rougir de cette élimination et, contrairement aux Lyonnais, l'équipe de Claude Puel a quitté la scène européenne la tête haute. Cela s'est finalement joué à peu de choses et l'expérience des grands joueurs a frappé deux fois. Le LOSC s'en souviendra.
Les évènements de l'aller, si pénalisants, avaient eu l'avantage de décupler sa motivation. Remontés par un Claude Puel qui aurait bien aimé joué un sale coup à son ''ami'' Ferguson (une poignée de mains bien froide à la fin...), les Lillois n'ont pas manqué d'audace. Juste d'un peu de folie, souvent nécessaire et devenue inexorable pour faire chavirer le somptueux ''Théâtre des rêves''. Celui-ci avait très rarement eu l'occasion de s'abandonner aux visiteurs en Ligue des champions (une défaite des Mancuniens lors de leurs vingt-sept dernières rencontres à domicile). En l'absence de Bodmer et Cabaye, Puel avait recomposé son milieu avec Obraniak en meneur axial, Dumont à la récupération et Bastos à gauche. Remplacé à la reprise par Debuchy, le Brésilien a trop peu proposé de solutions alors que le tandem Keita - Odemwingie s'est plus cherché que trouvé ; Silvestre et Vidic ont bu du petit lait, jusqu'à la sortie du Français sur une civière dans le temps additionnel. Derrière eux, van der Sar est tout de même resté attentif sur une tête de Makoun (23e) et un centre de Chalmé (45e).
Alignés dans une configuration plutôt défensive avec trois milieux récupérateurs, ce qui obligea le bourreau Giggs à essuyer le banc, les Mancuniens ont quand même pris plus d'initiatives. O'Shea a fait passer un gros frisson dans les travées d'Old Trafford avec une tête renvoyée par la transversale (15e). Pour le manque de réussite, le LOSC a eu son quota avec, dès la reprise, un poteau pour Odemwingie après une tête étrange (47e). Plus en mouvement, Manchester a fini par faire la différence. La friandise a été offerte par Larsson, ovationné pour son avant-dernier match avec les Red Devils, buteur de la tête suite à un superbe débordement de Cristiano Ronaldo (72e). Une sortie à l'image de sa fantastique carrière. Pas de quoi émouvoir le LOSC qui, comme les autres clubs français avant lui, n'a toujours pas trouvé la clé du ''Théâtre des rêves''.














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