LA FINALE SERA ANGLAISE
Par David MICHEL

Manchester en route vers un doublé
Il n'y a encore rien de fait. A ce jour, Manchester United peut toujours aussi bien finir la saison sur un triomphe absolu comme il peut tout perdre. S'il a un peu hypothéqué le titre de champion samedi en s'inclinant face à son grand rival Chelsea (1-2), le club mancunien s'est quand même rapproché d'un destin doré mardi soir dans son antre d'Old Trafford lors d'une demi-finale retour de Ligue des champions qu'il a fait basculer en sa faveur face au FC Barcelone (1-0). Un but, mais quel but (!), de l'inoxydable Paul Scholes a suffi à MU pour se qualifier pour la troisième finale de C1 de son histoire après celles de 1968 et 1999. Il y a neuf ans, les Red Devils avaient marqué les esprits grâce à un joli double championnat - Ligue des champions. L'histoire peut se répéter pour la talentueuse bande à Ferguson, lequel est obsédé par la conquête d'une nouvelle C1. Ce qui est sûr en revanche, c'est qu'à Moscou le 21 mai, l'Europe couronnera un club anglais puisque Manchester retrouvera Liverpool ou Chelsea pour une explication finale inédite. Une hégémonie anglaise que n'a pas su contester le FC Barcelone malgré un match sérieux. Avec un soupçon de réalisme, le Barça aurait eu son ticket pour la capitale russe, ce qui lui aurait notamment permis de sauver sa triste saison.
Barça : une attaque moribonde
A la pause, le Barça pouvait regretter d'avoir vendangé une ribambelle d'occasions franches. Mais après trois matches sans inscrire le moindre but, le doute s'est installé dans la tête des attaquants. Un sacré paradoxe quand on pense qu'en début de saison le club catalan pouvait exhiber avec fierté ses «Quatre Fantastiques». Plusieurs mois plus tard, c'est un véritable fiasco. Ronaldinho, hors circuit et indésiré, est resté à Barcelone, Henry a débuté sur le banc, Eto'o n'a jamais été dans le coup. Et il reste qui ? Messi évidemment, le seul capable de créer des étincelles. Après le but de Scholes, c'est lui l'Argentin qui a sonné la révolte d'une frappe enroulée à l'entrée de la surface (19e). Mais il était bien seul. Et le peuple catalan n'a pas pu compter non plus sur Deco. Le Portugais a incroyablement manqué le cadre à deux reprises peu après la demi-heure de jeu (34e et 36e).
Henry a eu 30 minutes
Les deux équipes ont offert une première période somptueuse, tendue à l'extrême et d'une intensité extraordinaire. Contrairement à l'équipe de Sir Alex Ferguson, qui avait renié sa philosophie de jeu à l'aller en restant groupée en défense, celle de Franck Rijkaard n'a jamais cessé de jouer. Mais elle n'avait pas toutes les clés et tous les talents réunis. Elle a parfois terriblement souffert face à la pression et au génie tactique de MU. Une grossière erreur de Zambrotta a profité à Scholes, buteur sur une splendide frappe de 25 mètres en pleine lucarne (14e). Ensuite, Park (20e), Nani (41e et 60e), Tevez (57e) et Cristiano Ronaldo (87e) ont mis de l'huile sur le feu à épisode régulier. Pour le Barça, l'entrée de Thierry Henry à l'heure de jeu n'a rien changé. Très dangereux au Camp Nou lors de son entrée en jeu, le Français a fait passer deux petits frissons sur une tête (78e) puis une frappe croisée (81e). Deux actions pas assez convaincantes pour ébranler véritablement la puissance rouge, qui a rendu ivre de bonheur le Théâtre des Rêves.












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