UNE ÉTOILE EST NÉE

Les parcours des finalistes
Le Real Madrid réussit un parcours des plus classiques pour une équipe de son standing avec, à la clef, les éliminations successives du Vasas Budapest et d'Odense. En quarts de finale, les Madrilènes héritent d'un sacré morceau : la Juventus de Sivori et Charles. Ils l'emportent (1-0) à Turin avant de s'incliner sur le même score à Madrid. Le match d'appui a lieu dans un Parc des Princes archi-comble (3-1). Le Real accède ainsi aux demi-finales où l'attend le Standard Liège, qui ne pèse pas lourd (4-0, 2-0). Pendant ce temps, Benfica prend goût à la gloire en éliminant l'Austria Vienne, le FC Nuremberg et surtout un Tottenham au jeu coloré et bouillonnant.
La finale
Ferenc Puskas est toujours là ! Et il le fait savoir à Costa Pereira, le gardien du Benfica, et au public nombreux venu s'entasser dans l'arène d'Amsterdam. Il inscrit la bagatelle de trois buts en 19 minutes (17e, 23e, 38e). Sur les deux premières réalisations, venues de loin, du «Major Galopant», Costa Pereira ne voit rien, ébloui par les projecteurs mal orientés du «vieux» stade Olympique d'Amsterdam. Pourtant, Benfica ne lâche pas prise. Aguas (25e) puis Cavem (34e) permettent même au champion du Portugal de garder espoir. A la pause, les Espagnols mènent (3-2).
Après le repos, la fantasia de Benfica se déchaîne, Coluna, d'un tir tendu des vingt-cinq mètres, trompe Araquistain. Les deux équipes se retrouvent à égalité. C'est le moment que choisit Eusebio, jeune joueur originaire du Mozambique, pour illuminer la partie et démontrer sa puissante de frappe. Dans un premier temps, il «vole en éclat» dans la surface madrilène, il n'a que 20 ans mais déjà du «métier» ! Un penalty lui est généreusement accordé par M. Horn, il se fait justice et donne l'avantage à son club (65e). Trois minutes plus tard, il est à la conclusion d'un coup franc tiré par Coluna. Coup de sifflet final, Eusebio explose de joie, Di Stefano à genoux martèle le sol de ses poings. Le temps du Real Madrid est bien passé !
C'est la finale d'Eusebio. Le lendemain, L'Equipe parle de «...sa férocité de jeune loup, de sa détente animale et de ses tirs fracassants qui ont quelque chose de surnaturel...» Une étoile est née.
La feuille de match
(2 mai 1962 Ã Amsterdam, Stade Olympique)
BENFICA - REAL MADRID : 5-3 (2-3)
61 257 spectateurs/Arbitre : M. Horn (Pays-Bas)
Buts : Puskas (17e, 23e, 38e) pour le Real Madrid. Aguas (25e), Cavem (34e), Coluna (51e), Eusebio (65e, 68e) pour Benfica.
BENFICA : Costa Pereira - Joao, Germano, Angelo - Cavem, Cruz - José Augusto, Eusebio, Aguas, Coluna, Simoes. Entr. : Guttmann.
REAL MADRID : Araquistain - Cassado, Santamaria, Miera - Felo, Pachin - Tejada, Del Sol, Di Stefano, Puskas, Gento. Entr. : Munoz.


















