DIX ANS APRÈS MUNICH...
Par Stéphane BITTON

La tragédie de Munich 1958
6 févier 1958. Un ciel lourd surplombe Munich. En bas, dans le paysage rendu blanc par les chutes de neige, gise la carcasse d'un avion. C'est le vol à destination de l'Angleterre qui ramène les joueurs de Manchester United de Belgrade. L'appareil vient de s'écraser quelques instants plus tôt...
Ce drame va endeuiller les fans de United et plus largement tout le monde du football. Les Red Devils venaient de se qualifier pour la demi-finale de la Coupe d'Europe après le nul (3-3) réalisé à Belgrade face à l'Etoile Rouge.
L'équipe dominait toutes les compétitions dans lesquelles elle était engagée. Dirigée par Matt Busby, elle était composée de très jeunes joueurs. La moyenne d'âge était de seulement 22 ans, lorsque MU avait gagné le championnat en 1955-56 ! Busby avait réussi, après beaucoup d'efforts, à construire une ossature qui pouvait garantir plusieurs années de succès à United. Malheureusement, le bilan de la tragédie fut lourd. Sept membres de l'équipe périrent et plusieurs furent blessés sérieusement. Parmis eux, se trouvait Duncan Edwards. Le jeune prodige ne se remis pas de ses blessures et décéda 15 jours plus tard. Il était pourtant promis à un bel avenir. Matt Busby l'avait lui-même, un jour, qualifié de meilleur joueur du monde. A seulement 21 ans, il était devenu une référence...
La finale
Eusebio est toujours là mais Benfica a bien changé depuis 1962 et son dernier titre de champion d'Europe. Les Portugais sont devenus plus prudents et manquent d'audace. Ils ont éprouvé les pires difficultés pour parvenir en finale. N'ont-ils pas eu recours au tirage au sort pour éliminer... les Irlandais de Glentoran ? Seule leur prestation face à la Juventus, en demi-finale, a convaincu (2-0 et 1-0). L'autre finaliste est Manchester United. Le club mancunien a passé tous les tours sans jamais faire le plein de points, concédant des nuls au Floriana La Valette (0-0) et au Gornik Zabrze (3-3) s'inclinant même à Sarajevo (0-1). Pourtant les joueurs de Matt Busby croient en la victoire. Nobby Stiles affirme avant le match : "A Wembley, il faudra nous marcher sur le ventre pour nous empêcher de vaincre". D'entrée la défense de Benfica se montre héroïque et ce jusqu'à la 53e minute. Une tête de Charlton trompe Jose Henrique. A onze minutes de la fin, Graça égalise. On doit jouer la prolongation, et dire qu'Eusebio a eu la balle du K.-O. à 3 minutes de la fin !
A Wembley, les hurlements des 100.000 supporters poussent Manchester. Un Wembley qui évoque de bien tristes souvenirs aux Portugais : la défaite contre Milan AC en 1963 et celle de l'équipe nationale contre l'Angleterre lors de la World Cup 1966. Les Britanniques marquent 3 buts en... 6 minutes. Best (93e), Kidd (94e) et Charlton (99e) ! 4-1 ! Matt Busby pleure. Il a quitté son banc et étreint Charlton et Foulkes. Là -haut, les copains disparus il y a dix ans doivent être bien fiers...
La feuille de match
(29 mai 1968 Ã Londres, Stade de Wembley)
MANCHESTER UNITED - BENFICA : 4-1 a.p. (0-0, 1-1)
92 225 spectateurs/Arbitre : M. Lo Bello (Italie).
Buts : Charlton (53e, 99e), Best (93e), Kidd (94e) pour Manchester. Jaime Graça (79e) pour Benfica.
MANCHESTER UNITED : Stepney - Brennan, Foulkes, Crerand, A. Dunne - R. Charlton, Stiles - Best, Kidd, Sadler, Aston. Manager : Busby.
BENFICA : Henrique - Adolfo, Humberto, Jacinto, Cruz - Jaime Graça, Coluna - José Augusto, Torres, Eusebio, Simoes. Entr. : Gloria.


















