39 MORTS !
Par Stéphane BITTON

Les clefs du drame
Il est toujours difficile de refaire l'Histoire. Mais accorder la finale de la C1 au vieux stade du Heysel n'était pas forcement opportun. On apprit plus tard que le cahier des charges, imposé par l'UEFA, n'avait pas été respecté, et que sur les 2000 policiers demandés, les autorités belges n'en avaient convoqué que... 300 dont seulement 80 pour faire " respecter la loi " dans le virage où se produisit le drame. Le reste est connu, mélange des supporters des deux clubs, vente de faux billets et un nombre de spectateurs beaucoup trop important dans le Bloc Z du stade du Heysel. Au fil des minutes, les affrontements verbaux se transformèrent en agressivité et d'un coup survint le drame ! Les uns après les autres, les spectateurs tombèrent et se firent piétiner. En moins de cinq minutes, des dizaines de corps jonchèrent les gradins. 39 morts et plus de trois cent blessés. La bétise, l'horreur, la honte...
La finale
On jouera donc mais dans quel état d'esprit ? De toute évidence Liverpool ne peut pas, ne doit pas gagner ce match. Avant le début de la partie, les deux capitaines, Phil Neal et Gaetano Scirea, s'adressent à la foule pour tenter de la calmer. Et c'est dans cette ambiance épouvantable que les deux équipes débutent la rencontre. Steve Nicol, le milieu défensif de Liverpool, dira plus tard : « Chaque fois que mes yeux se portaient vers le virage maudit, j'avais honte ».
A la 57e minute, alors que dans l'ensemble Liverpool domine, Michel Platini de sa moitié de terrain, lance Boniek qui s'élance plein champ. A la lutte avec Neal et Gillepsie, le Polonais est déséquilibré par Neal à l'entrée des seize mètres, pas à l'intérieur, mais à cinquante centimètres à l'extérieur. Tout le monde l'a vu, les caméras de télévision aussi. L'arbitre Monsieur Daina accorde un penalty au goût bizarre. Le réglement ne l'imposait pas, l'ambiance autour du match, si ! Michel Platini le transforme. Ce sera la seule réalisation d'un match pas comme les autres. Par la suite, le gardien de la Juventus, Stefano Tacconi, multiplie les exploits et préserve le petit avantage acquis. Dans la douleur, Michel Platini devient donc le deuxième Français, après Raymond Kopa, à avoir remporté la C1. De graves sanctions suivront. Et pour le football anglais commence une longue suspension. Cinq ans pour tous les clubs anglais, sept pour Liverpool qui mettra vingt ans pour retrouver une finale européenne, celle de 2005.
La feuille de match
(29 mai 1985 Ã Bruxelles, Stade du Heysel)
JUVENTUS TURIN - LIVERPOOL : 1-0 (0-0)
60 000 spectateurs (39 morts)/Arbitre : M. Daina (Suisse).
But : Platini (58e s.p.) pour la Juventus.
JUVENTUS TURIN : Tacconi - Favero, Brio, Scirea, Cabrini - Massimo Bonini, Platini, Tardelli - Briaschi (Prandelli, 84e), Paolo Rossi (Vignola, 89e), Boniek. Entr. : Trapattoni.
LIVERPOOL : Grobbelaar - Neal, Alan Hansen, Lawrenson (Gillespie, 3e), Beglin - Nicol, Dalglish, Wark, Whelan - Walsh (Johnston, 46e), Rush. Manager : Fagan.


















