LA QUESTION DU JOUR

La 16ème place de Franck Ribéry au classement du Ballon d'Or vous parait-elle logique?

Oui26%
Non73%
Nsp1%
sur
L'adresse email semble incorrecte !
L'édition du 3 décembre 2008
L'édition du
3 décembre 2008
est en ligne
Vous êtes ici : Accueil > Football > COUPE DU MONDE 2006

COUPE DU MONDE 2006

L'Angola (Groupe D)

Présentation des 32 équipes qualifiées (4/32)
[an error occurred while processing this directive]
Agrandir le texte Réduire le texte Imprimer la page Envoyer à un ami l'article

L'ANGOLA VIENT DE SI LOIN
Par Cédric ROUQUETTE (Le 3 février 2006)

La sélection angolaise s'est qualifiée pour la Coupe du monde sans la moindre individualité ni même passé footballistique significatif. Un parcours exceptionnel pour un pays à peine remis d'une guerre civile, dû à un travail de longue haleine. L'Angola, exemplaire par sa stabilité, est une exception en Afrique.
 
Retrouvailles contre le Portugal. (L'Equipe)

« Nous sommes des frères »

Aucun joueur de la dimension d'Essien, Drogba ou Adebayor pour jouer le rôle de porte-drapeau. Aucun passé notable dans ce pays où le basket est le sport numéro un. «Je ne m'attendais pas à notre qualification, je n'imaginais pas que ce rêve deviendrait réalité» a reconnu le capitaine Fabricio Alcibiade Maieco Akwa. Des quatre nouveaux visages africains à la Coupe du monde, l'Angola est le moins connu et objectivement le plus surprenant de tous. Un miracle. L'ancienne colonie portugaise est une nation aussi minuscule que jeune sur la carte du football mondial. Elle a disputé son premier match international le 1er juin 1977. Avec ses 13 millions d'habitants meurtris par une guerre civile de vingt-sept ans, dont l'immense majorité vit dans la plus extrême pauvreté, elle a trouvé les ressources pour éliminer le géant Nigeria, deux titres de champion d'Afrique, dix fois plus d'habitants et de footballeurs. Coincé entre la RD Congo, la Zambie et la Namibie au Sud-Ouest de l'Afrique, l'Angola vit une histoire singulière, résultant d'un modèle de développement rare sur le continent.

Si l'Angola a obtenu, le 8 octobre dernier, son billet pour la première Coupe du monde de son histoire en allant battre le Rwanda à Kigali (1-0), entraînant à Luanda et dans tout le pays des manifestations jamais vues depuis l'indépendance de 1975, elle le doit avant tout à sa stabilité à la tête de l'équipe. Le sélectionneur l'incarne, Luis Oliveira Gonçalves. Ce technicien du cru, aujourd'hui âgé de cinquante ans, est entré à la fédération en 1992. Il y a dirigé toutes les sélections de jeunes, sans exception. Ses premières réussites furent de qualifier l'Angola pour une Coupe d'Afrique des moins de 17 ans, avant une victoire inattendue à la CAN des moins de 20 ans en 2001, en Éthiopie. C'est là que l'ossature de la sélection actuelle s'est forgée. S'y sont ajoutés les rescapés des épopées de 1997 et 2001 quand l'Angola, déjà, avait tenu la dragée haute au Cameroun en phase qualificative. «Nous n'avons aucune individualité, mais nous travaillons très dur, et en équipe, insiste Akwa. C'est notre secret : tous les problèmes sont débattus autour d'une table. Nous sommes des frères et le sélectionneur est notre grand frère. » L'échec au premier tour de la CAN n'a rien remis en cause.

Organiser la CAN 2010 ?

Débarrassée de la guerre depuis 2002, le foot angolais s'est structuré autour de quelques grandes entreprises, notamment pétrolières. Un système basique, mais qui garantit un financement du sport stable dans un pays habitué à tous les chaos et toutes les allégeances. Les meilleurs joueurs s'exilent en Asie ou en Europe, essentiellement vers le Portugal, futur adversaire au premier tour, mais aussi en France, comme le Clermontois André Titi Buengo, auteur de 8 buts en L2 cette saison, ou le jeune Antonio Sango, qui évolue en CFA à Vauban. «Pas mal de nos adversaires se sont dits et se disent encore : "bof, ce n'est que l'Angola", mais si nous jouons comme nous l'avons fait jusqu'à maintenant, tous pour un, tout sera possible en Allemagne, veut croire Akwa. Il faut montrer que ce n'était pas un coup de chance, montrer aussi que l'Angola ne se résume ni à la guerre ni au pétrole. Nous devons nous préparer à jouer tout le monde, même le Brésil, même Zidane, tous les grands joueurs.»

A la CAN, une victoire pleine de panache contre le Togo (3-2) a presque qualifié l'équipe pour les quarts de finale, ce qui aurait été une première après les échecs de 1996 et 1998. Sa défaite contre le Cameroun (1-3) et son nul face à la RD Congo (0-0) ont révélé les failles des Palancas Negras («les gazelles noires»), dans la constance et la variété du jeu notamment. Mais l'Angola, fière de son oeuvre, n'a pas les idées courtes. Elle ambitionne d'organiser la Coupe d'Afrique des nations 2010. Un pari fou. Presque aussi délirant que celui qui consistait, il y a deux ans, à accrocher une place en Coupe du monde. Au match aller du tour préliminaire, réservé aux nations les moins compétitives, l'Angola avait été battu au Tchad (1-3), une équipe encore plus modeste sur la scène africaine (aucune participation à la CAN). Nommé pour redresser la situation juste avant le match retour (2-0), Gonçalves n'avait pas imaginé que tout s'enchaînerait si bien. Le jour de la qualification de son voisin, le journal congolais "Ne-Kongo" a écrit, sur le profond renouvellement des valeurs en Afrique : «Certains parlent d'un tremblement de terre pour le football africain, d'autres n'hésitent pas à parler de régression. Qu'ils se détrompent. Il s'agit, bien au contraire, du progrès du football partout en Afrique.» C'est l'Angola qui illustre le mieux le propos.

BOUTIQUE

L'adresse email semble incorrecte
Cliquez-ici !Cliquez-ici !Cliquez-ici !Cliquez-ici !Cliquez-ici !