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COUPE DU MONDE 2006

L'Argentine (groupe C) : première partie

Présentation des équipes qualifiées (23/32)
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UNE PASSION, UNE CERTITUDE
Par Angel MARCOS (le 22 mai)

Notre site ayant pour consultant un ancien capitaine de l'Argentine, il a choisi de lui offrir une tribune sur la sélection "albiceleste". Ce passionnant témoignage dresse un état des lieux des liens entre l'Argentine, le football, la Coupe du monde et ses chances de briller.
 
Riquelme et Sorin, deux titulaires. (L'Equipe)

Une conviction : « Nous sommes la meilleure équipe »

« En Argentine, le football est une passion débordante. Elle s'exprime avec une intensité dont les gens n'ont pas idée en France. Tout le monde y a joué, tout le monde connaît ce sport, et tout le monde, journalistes compris, le commente avec un niveau de connaissance rare. Ceci rend les Argentins extrêmement critiques et sévères avec leur équipe. La pression sur Pekerman, le sélectionneur, est énorme. Reste que cette idée est ancrée dans les mentalités : «De toute façon, nous sommes la meilleure équipe». Tous les joueurs ont, eux aussi, cette conviction profonde. Elle est indispensable à un joueur de haut niveau et elle n'est pas feinte s'agissant de l'Argentine. Ils sont convaincus d'être les meilleurs, et ça reste une force. Cela peut devenir une faiblesse si elle empêche d'être lucide sur ce qui ne va pas dans les autres domaines. Personne ne pouvait envisager l'élimination au premier tour en 2002. Il y avait l'idée que ça finirait par passer. En Argentine, on est habitué au fait que tout soit prêt au dernier moment... Seuls les entraîneurs sortent de ce schéma. Pekerman plus que les autres. C'est quelqu'un de mesuré, très différent des entraîneurs habituels.

Le football argentin est aujourd'hui confronté au fait que cinq-cent joueurs évoluent à l'étranger, et surtout au fait qu'ils partent jeunes. Le championnat local rassemble des joueurs de moins de 18 ans en instance de départ et des joueurs de 32 ans de retour au pays. Les Argentins sont mûrs très tôt : dès treize ans, il faut être bon. Mais en partant jeunes, les joueurs argentins dissolvent leurs qualités de battant et leur confiance absolue, leur "argentinité". Cela explique en grande partie que la plupart des jeunes Argentins cités en exemple ces dernières années n'ont fait que la moitié du chemin. Il ne faut pas oublier non plus que l'Argentine, si elle est cinq fois plus grande que la France, compte seulement 30 millions d'habitants, contre 200 millions au Brésil. Il y a de moins en moins de bons joueurs, de moins en moins de joueurs qui commencent dans la rue. La rue est le point commun de tous les très grands joueurs. Le pays a perdu de sa capacité à former des compétiteurs, efficaces tout de suite après avoir vécu dans une certaine inhospitalité, entourés d'une agressivité à contrôler. A 18 ans, on perd facilement tout ça.

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