LA CORÉE A LA PRESSION
Par David MICHEL (le 24 mai)

Advocaat mise sur le « juste équilibre »
Avoir atteint les demi-finales en 2002 a laissé un souvenir impérissable au pays du Matin Calme, où le temps semble, depuis, s'être arrêté. Quatre ans après, le peuple coréen est toujours sur son petit nuage et espère accéder au même nirvana, cette fois devant sa télévision. C'est cet optimisme qu'a révélé un récent sondage : 42% des Coréens s'imaginent dans le dernier carré. Les Diables rouges, vingt-neuvièmes au classement FIFA, sont encore à leurs yeux la quatrième nation mondiale. «La pression peut être terrible», a déjà annoncé l'attaquant Ahn, qui, comme ses équipiers, s'estimerait déjà heureux de passer le premier tour. Les joueurs d'Advocaat ont conscience que sortir d'un groupe où figurent la France, la Suisse et, à un degré moindre, le Togo, n'a rien d'un pari gagné d'avance. En qualité de pays co-organisateur, ils avaient évité en 2002 les têtes de série et s'étaient retrouvés dans un groupe (États-Unis, Portugal et Pologne) propice à leur épanouissement. En Allemagne, les Coréens évolueront dans un contexte radicalement différent. La ferveur locale aura disparu, tout comme l'effet de surprise. Et les évènements, en huitièmes (l'arbitrage clément contre l'Italie) comme en quarts (deux buts refusés à l'Espagne avant les tirs au but), leur avaient été favorables.
La sélection de Guus Hiddink avait basé sa tactique sur une défense solide, un pressing de tous les instants et un élan très offensif. Sous les ères successives de Coelho, Bonfrere et aujourd'hui Advocaat, le pressing est resté la principale force des Diables Rouges. La défense, elle, n'affiche pas une grande sérénité, en dépit du retour en sélection de Choi Jin-Cheul, et l'attaque est parfois trop timide. Le célèbre attaquant Cha Du-Ri, qui a eu du mal à s'imposer à Francfort, n'a pas eu les faveurs d'Advocaat et a été placé en attente. Le prometteur Lee Dong-Gook, quant à lui, a dû déclarer forfait (genou). Du coup, le Néerlandais a maintenu sa confiance à l'ancien Messin Ahn, qui a sauvé sa place grâce à une fin de saison convaincante à Duisbourg. La performance de 2002 a cependant pris quelques rides, comme certains tauliers d'alors, qui ont laissé l'espace à une nouvelle génération. La réussite de la Corée du Sud en Allemagne semble d'ailleurs dépendre en grande partie de la capacité à faire cohabiter les anciens et les nouveaux joueurs.
Dick Advocaat l'a bien senti et a d'ailleurs justifié sa liste des 23 en mettant en avant le concept du «juste équilibre». «La recherche du bon équilibre au sein du groupe prime sur le talent individuel», a-t-il estimé, lui qui a également érigé la polyvalence comme un élément déterminant. Avec sous ses ordres le même staff technique que son compatriote Guus Hiddink, le Batave a insufflé une culture tactique européenne aux "Guerriers Taeguk", lesquels, selon lui, avaient tendance à se débarrasser trop vite du ballon pour alerter les attaquants. «En Europe, on a plus tendance à contrôler le jeu et à construire pour marquer. On a dû accomplir un travail de longue haleine. Nous sommes sur la bonne voie». Advocaat pourra s'appuyer sur les "Européens" Park Ji-Sung (Manchester United), Lee Young-Pyo (Tottenham), Lee Eul-Yong (Trabzonspor) et Seol Ki-Hyeon (Wolverhampton) pour porter le relais... jusqu'aux demies ?














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