SÉDUIRE ET SOUFFRIR
Par Anthony THOMAS

Des éliminatoires peu convaincants
Le 9 juin, ils seront plus de 65.000 à l'Arena de Munich et beaucoup plus dans le monde entier pour suivre le premier match de la compétition. A l'affiche, l'Allemagne, 16 participations au Mondial et 3 victoires finales, contre le Costa Rica, troisième participation seulement. «Les Allemands vont avoir une pression énorme sur les épaules, avec toutes les attentes de leur public. Nous n'avons vraiment rien à perdre», estime le défenseur Carlos Johnson. Les supporters des Ticos se souviennent que leur équipe n'a jamais fait de figuration en phase finale : en 1990, elle accédait aux huitièmes après deux victoires sur l'Ecosse (1-0) et la Suède (2-1). En 2002, ils n'ont été éliminés qu'à la différence de buts en poule, au terme du match le plus spectaculaire du tournoi (2-5 contre le Brésil). Ils furent les seuls à passer plus d'un but aux futurs champions du monde. Leur jeu chatoyant, cependant, ne lui a pas assuré des éliminatoires de tout repos. Après un passage au forceps au premier tour (1-1, 2-2 contre Cuba), la Tricolor a gagné son ticket pour l'Allemagne, moins par ses performances que par la faiblesse de ses adversaires de la zone CONCACAF (5 victoires, 4 défaites en 10 matches au tour final).
Une équipe plus physique
Rappelé en cours de campagne, le sélectionneur Alexandre Guimaraes, a fait évoluer son équipe au cours des matches amicaux. Troquant le classique 4-4-2 contre un 3-5-2 sensé offrir plus de latitude offensive aux siens. Malgré une série de défaites, l'équipe, toujours aussi technique, a livré quelques prestations prometteuses, notamment contre la France en novembre dernier (2-0 à la mi-temps, 2-3 score final). Conscient des limites de l'équipe qu'il avait déjà dirigée il y a quatre ans, Guimaraes a fait quelque peu évoluer le profil des joueurs pour pouvoir rivaliser contre l'Allemagne ou la Pologne, en enlevant un attaquant de sa liste. «Nous cherchons une équipe plus physique, avec des joueurs plus grands et plus forts», a expliqué le technicien pour justifier la composition de son groupe. La taille moyenne des joueurs est ainsi passée de 1,77m à 1,80m depuis 2002.
Mesurant 1,89m, l'attaquant Paulo Wanchope est non seulement le plus grand des 23 Ticos, mais il en est aussi la vedette. S'il évolue désormais au Qatar, le meilleur buteur de la sélection (43 buts) a auparavant fait les beaux jours de Manchester City et de West Ham. Avec l'audacieux meneur de jeu Walter Centeno et le défenseur polyvalent Gilberto Martinez, il constitue la colonne vertébrale de la sélection nationale. Evoluant dans le faible Championnat national, le reste de l'équipe se partage essentiellement entre deux clubs, Alajuelense et Saprissa. Comme le concède le milieu de terrain Carlos Hernandez, les joueurs du cru savent que le match d'ouverture sera la plus belle vitrine pour atteindre leur objectif : jouer à l'étranger.














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