APPRENDRE À VOYAGER
Par Anthony THOMAS

Une qualification acquise en altitude
Sept victoires, notamment face au Brésil (1-0) et l'Argentine (2-0), deux nuls, zéro défaite. Ce parcours presque parfait de l'Equateur serait celui d'un prétendant au titre suprême si ce n'était celui de ses performances à domicile. Invincibles chez eux, dans leur forteresse de Quito, à 2 850 mètres d'altitude, les Equatoriens ont montré toute leur fébrilité dès qu'ils ont évolué à l'extérieur. Avec seulement 5 points sur 28 conquis hors de leur base en éliminatoires, les hommes conduits par le Colombien Luis Suarez voyagent mal. La traversée de l'Atlantique pourrait donc leur être fatale, à l'image de leur parcours il y a quatre ans (élimination au premier tour malgré une victoire sur la Croatie 1-0). Mais, assure le sélectionneur, «Nous tenons l'occasion de montrer les progrès que nous avons réalisés. Nous disposons des matières premières : des joueurs motivés, avec des qualités techniques et tactiques.»
Pour leur deuxième participation consécutive, les Equatoriens ont désormais repéré leurs faiblesses au niveau international. Typiquement latin, leur jeu basé sur la multiplication de passes courtes souffre d'un manque de diversité tandis que les défenseurs notamment peinent dans le jeu aérien. Un seul match amical symbolise ces limites : en novembre dernier, sur un terrain difficile car gorgé d'eau, la Tricolor a été incapable de trouver des solutions face à la Pologne, future adversaire, qui l'a surclassée (3-0). Au fil de la préparation, la priorité de Suareza a été de briser les stéréotypes tactiques, proches du jeu costaricain, en développant des attaques plus rapides et directes.
Autre faiblesse des 23 Equatoriens : leur manque d'expérience internationale et européenne. Le groupe retenu pour l'Allemagne ne compte que quatre "mercenaires" expatriés, le reste de l'effectif évoluant dans le Championnat national. Avant son stage de préparation, la Tricolor n'avait d'ailleurs disputé que trois matches sur le sol européen dans son histoire. Afin de profiter de l'expérience coréenne, le sélectionneur a retenu neuf joueurs déjà présents en 2002, dont l'attaquant Agustin Delgado ou les défenseurs Ivan Hurtado et Ulises de la Cruz, qui constitueront l'ossature de son équipe. Dans ce panachage de jeunes qui ont qualifié le pays et vétérans de Corée, un seul élément essentiel manque à l'appel : celui que les supporters appellent El Mago (le Magicien). Franklin Salas, le milieu de terrain n'était pas suffisamment remis de son opération au genou. La nouvelle génération n'est pas exempte de talents, à l'image de Christian Lara ou Luis Valencia et aura une motivation de plus en Allemagne. Un Mondial réussi et ils pourront rêver à l'expatriation vers l'Europe.














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