SUR LA ROUTE DE 2010
Par Bertrand PERTUIS (le 23 mai)

Devant le Mexique en éliminatoires
Juste avant la Coupe du monde 1998 en France, la Fédération américaine avait affiché son optimisme démesuré. Fort d'un soutien financier important venant de Nike, 120 millions de dollars investis, l'US Soccer visait ni plus ni moins que la victoire en Coupe du monde en 2010, au plus tard. Un homme, le Portugais Carlos Queiroz, surnommé "Monsieur 2010", et qui a depuis quitté la sélection américaine, avait même été nommé comme conseiller pour mener à bien ce projet. Presque une décennie plus tard, les joueurs de la bannière étoilée semblent encore très loin de pouvoir atteindre un tel objectif. Pour autant, la MLS, le championnat américain, est devenu très populaire après la réussite des ses Boys à la Coupe du monde 2002, marqué par un quart de finale perdu contre l'Allemagne (0-1).
Son niveau s'est nettement amélioré et beaucoup de joueurs américains ont pu s'y épanouir au point d'attirer l'attention des clubs européens. «Le niveau de la MLS équivaut maintenant à une bonne Ligue 2, souligne Youri Djorkaeff, qui évolue au MetroStars de New York depuis le début de l'année 2005. Mais attention, certaines équipes pourraient très bien rivaliser avec des clubs de L1». Sur le plan international, les Nord-Américains sont désormais pris aux sérieux. Les ambitions ont donc changé de nature : «Etre présent dans une phase finale de coupe du monde ne relève plus du tout de l'exploit, indique Kasey Keller, 36 ans, le portier de la sélection. Aujourd'hui, tout le monde s'attend à nous voir passer le premier tour et à aller le plus loin possible». Lors des éliminatoires, Bruce Arena et ses hommes ont brillé en décrochant pour la première fois de leur histoire la première place du groupe de la zone CONCACAF devant leur rival de toujours, le Mexique, battu 2-0 à trois journées de la fin pour assurer la qualification. Au final, un impressionnant total d'une défaite en 18 matches éliminatoires.
Le tournoi de Donovan ?
Arena, qui a pris en main la sélection au lendemain de la Coupe du monde 1998, a pu travailler sur la durée. Il a façonné une équipe compétitive, très physique et décomplexée, composée de vieux roublards et de jeunes talents. Ainsi le milieu de terrain de Manchester City, Claudio Reyna, 32 ans, présent lors des deux dernières phases finales, ainsi que l'attaquant de Fulham Brian Mc Bride, 33 ans devraient apporter toute leur expérience. Mais le sélectionneur compte beaucoup sur le maître à jouer de cette formation, London Donovan. A 23 ans seulement, il porte tous les espoirs d'un pays. Rapide et grand technicien, il reste le joueur clé de l'équipe, capable de porter le danger à tout moment. «Landon a acquis une expérience de taulier, souligne Arena Nous attendons beaucoup de lui et de sa capacité offensive». En Allemagne, la tâche de Donovan et les siens, qui se sont fixés de faire mieux qu'en Corée, s'annonce ardue. Au premier tour, deux grosses nations européennes, l'Italie et la République tchèque, se dressent devant eux. «Je peux vous assurer que l'équipe qui entrera en piste le 12 juin contre la République Tchèque fera la fierté de l'Amérique», a lancé dernièrement Arena. Notons qu'ils ne sont pas au bout de leur peine car s'ils accrochent la deuxième place de leur groupe, ils pourraient très bien tomber contre le Brésil en huitièmes de finale. Mais le rêve américain n'a pas de limite.














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