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COUPE DU MONDE 2006

L'Iran (groupe D)

Présentation des équipes en lice (10/32)
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ALI DAEI, LE DINOSAURE
Par Bruno RODRIGUES (le 13 avril)

L'Iran participera à la troisième phase finale de Coupe du monde de son existence, avec quelques ambitions. La sélection actuelle passe pour la meilleure de l'histoire du pays. Un savant mélange entre jeunesse et expérience, avec, en figure de proue, Ali Daei seul joueur à avoir marqué plus de 100 buts internationaux.
 
Daei, l'idole d'un peuple. (L'Equipe)

Des chiffres uniques, une expérience au Bayern

A tout juste 37 ans, Ali Daei, le doyen de l'équipe d'Iran, espère bien réussir à inscrire en Allemagne son tout premier but en phase finale de Coupe du monde. Meilleur buteur de l'Iran et de toute la zone Asie lors des éliminatoires avec neuf buts, le puissant attaquant n'avait pu trouver le chemin des filets en 270 minutes de jeu en France, en 1998, que ce soit contre la Serbie (0-1), les Etats-Unis (2-1) ou l'Allemagne (0-2). Zéro : un chiffre qui ne lui ressemble pas. Avec 108 réalisations en 144 sélections, il est l'incontestable meilleur buteur international de tous les temps, loin devant le Hongrois Puskas (84 buts en 89 sorties) ou même le Roi Pelé (77 en 92 matches avec le Brésil). Daei est le seul à avoir dépassé la barre mythique des 100 buts en sélection. Son quintuplé contre le Sri Lanka (7-0) en 1996, en qualifications pour la Coupe d'Asie, avait déjà donné un aperçu de son (immense) talent de finisseur. Il lui vaut aussi le neuvième rang des joueurs les plus capés toutes nations confondues, à 29 unités du Saoudien Mohamed Al-Deayea. Ali Daei devrait d'ailleurs dépasser cet été le retraité estonien Martin Reim, qui possède une sélection de plus.

Considéré en Asie comme un petit prodige, Daei a été aperçu en Europe au cours de sa carrière, ses chiffres lui ayant ouvert les portes de l'étranger. Après six années passées au pays, entre le Bank Tej't Téhéran et Pirouzi, il a rejoint le Qatar et Al-Sadd Dohar en 1996. Puis l'Allemagne et l'Arminia Bielefeld l'année suivante. Ses sept buts en 25 matches attirèrent l'attention du grand Bayern Munich, qui n'a pas hésité à lui offrir sa chance. Auteur de six réalisations en 23 matches, dont 12 comme titulaire, son bilan s'est avéré au final mitigé. Le Hertha Berlin l'a alors recruté pour trois ans. Il n'y inscrira que six petits buts en 59 apparitions. Après un crochet par l'Arabie Saoudite (Al Shabab), Ali Daei est finalement revenu au pays en 2003, d'abord au Pirouzi Téhéran pour un an, puis au Saba Battery, où il officie actuellement.

Un mélange "d'Allemands" et d'espoirs

La présence de Daei a eu une influence considérable sur la qualification de l'Iran, la troisième de son histoire, mais elle n'est pas la seule raison. Le sélectionneur, Branko Ivankovic, a eu l'énorme mérite de faire sortir l'attaquant Vahid Hashemian de sa retraite internationale, pourtant longue de trois années, à l'aube des éliminatoires. Il avait pourtant privilégié sa carrière en club (Hambourg, Bochum, Bayern et aujourd'hui Hanovre) au détriment de la Melli. Son impact ne s'est pas fait attendre avec notamment un doublé contre le Japon (2-1) lors du dernier tour de la compétition préliminaire. A ses côtés, les autres exilés comme Mehdi Mahdavikia (attaquant, septième saison à Hambourg), Rahmen Rezaei (défenseur, cinquième saison en Italie, la troisième à Messine), Ferydoon Zandi (milieu, Kaiserslautern), ou encore Ali Karimi (milieu offensif, Bayern Munich), joueur asiatique de l'année 2004, ont également contribué à mettre la jeune génération iranienne en confiance à la veille d'un tournoi forcément spécial au vu de la situation iranienne sur l'échiquier diplomatique.

Car c'est bien sur une génération de très jeunes éléments qu'Ivankovic s'est appuyé pour redonner un nouvel élan à l'Iran. Ainsi Hussein Kaebi (Foolad Khuzestan), latéral droit ultra offensif de 20 ans, a été la véritable révélation de la Coupe d'Asie 2004. Le buteur Arash Borhani et le milieu offensif Javad Nekounam ont également fait forte impression lors des récents Jeux du Moyen-Orient, en décembre à Doha, en aidant une jeune équipe d'Iran (23 ans de moyenne d'âge) à décrocher le bronze. Tout ce beau monde a contribué à la récente victoire de l'Iran contre le Costa Rica (3-2) en amical, qui a réveillé les ambitions iraniennes. «Nous irons en Allemagne pour créer la surprise, prévient le sélectionneur croate avant un premier tour contre le Portugal, le Mexique et l'Angola. Il y a bien eu la Corée et le Japon en 2002. Pourquoi pas nous, cette année ?»

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