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COUPE DU MONDE 2006

L'Italie

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TOTTI INQUIÈTE LA "NAZIONALE"
Par Emmanuel LANGELLIER (Le 27 février 2006)

Opéré du péroné gauche la semaine dernière, Francesco Totti est très incertain pour la Coupe du monde. En émoi, l'Italie prie afin que sa star romaine soit finalement du rendez-vous allemand. Après les échecs de l'Euro 2004 et du Mondial 2002, la "Nazionale" de Lippi mise sur le rendez-vous de cet été pour retrouver du crédit.
 
Totti est incertain pour le Mondial. (L'Equipe)

Lippi en a fait une priorité

Toute l'Italie retient son souffle. Pas parce qu'elle devra écarter la France et l'Ukraine sur la route de l'Euro 2008. Ni parce que son groupe au premier tour de la Coupe du monde n'est pas un cadeau. La Botte a peur depuis le 19 février et la blessure de sa star et numéro 10 de génie, Francesco Totti. AS Roma - Empoli, douze minutes au stade Olympique quand l'idole se retrouve à terre et se tord de douleur. Touché par Richard Vanigli, Totti a compris. Le verdict tombe très vite : fracture du péroné gauche. La nouvelle se répand telle une traînée de poudre en Italie. «Mamma Mia !», s'écrient tous les tifosi, qui ont saisi la portée d'une telle nouvelle : le Romain sera éloigné des terrains durant deux à trois mois. Sa participation à la seizième phase finale de Coupe du monde de son pays prend du plomb dans l'aile.

Immédiatement, les soutiens affluent. Silvio Berlusconi, rend visite au joueur à la clinique romaine Villa Stuart. «Nous ferons tout notre possible pour le récupérer, indique d'emblée le sélectionneur Marcello Lippi. C'est un grand joueur. Nous l'attendons». Opéré dans la foulée, l'intéressé est aussi déterminé mais réaliste. «Je veux jouer la finale de la Coupe de l'UEFA et celle de la Coupe d'Italie. Mais je ne joue pas avec ma santé qui passe avant tout. Je n'irai que si je suis en pleine possession de mes moyens.» Suspendus à sa convalescence, les Italiens savent qu'ils seront sérieusement amoindris si Totti (6 matches sur 10 en éliminatoires, 2 buts) venait à manquer en juin. Même s'il n'a pas toujours été à la hauteur de sa réputation lors de ses trois phases finales passées, le joueur de 29 ans s'est imposé, depuis un très bon Euro 2000, par sa classe, son talent d'organisateur et de finisseur. Très moyen au cours de la Coupe du monde 2002 et pitoyable durant le dernier Euro où il avait craché au visage du Danois Poulsen, Francesco Totti mise beaucoup sur le tournoi allemand. Il n'est pas le seul : Marcello Lippi, à la barre depuis août 2004, sait qu'il aura besoin de lui pour conforter son action, actuellement plébiscitée en Italie.

Un milieu aux couleurs du Milan AC

Après avoir tâtonné au départ, l'ancien entraîneur de la Juventus (cinq Scudetti, 1 Ligue des champions entre 1995 et 2003), qui aura utilisé 36 joueurs au total entre septembre 2004 et octobre 2005, a trouvé sa formule gagnante. Le système mis en place, un 4-3-1-2 qui peut évoluer en 4-4-2 suivant l'équipe adverse et les joueurs présents, a permis à la sélection italienne de terminer en tête du groupe 5 piège. Victorieuse à sept reprises, elle n'a concédé que deux nuls et une seule défaite en Slovénie (0-1) lors de sa troisième sortie. Des belles performances confirmées en amical, en Irlande (2-1, août) et aux Pays-Bas (3-1, novembre). A l'Arena d'Amsterdam, la Squadra Azzurra a notamment marqué les esprits par un jeu conquérant qui a valu aux Néerlandais leur première déconvenue sous l'ère Van Basten.

Lippi s'appuie sur un mélange d'anciens et de jeunes issus de la nouvelle génération. Devant son gardien Buffon, il a maintenu sa confiance à la triplette Zambrotta-Nesta-Cannavaro, régulièrement titularisée auparavant. Habituel titulaire au milieu sous Trapattoni et Zoff, Zambrotta s'est stabilisé en défense comme à la Juventus. Il peut invariablement évoluer en latéral droit ou gauche, ses pendants étant Grosso et Zaccardo, deux Palermitains promus par Lippi, ainsi que le Parmesan Bonera (à droite). Le milieu-type est au deux tiers milanistes avec Pirlo, positionné devant la défense où l'a installé Ancelotti au Milan à l'été 2002, et Gattuso. Côté droit, Camoranesi, naturalisé en 2003, fait jouer sa vitesse et son sens du débordement pour mener les offensives, avec Totti, le meneur de jeu de la Roma. Issu de ce même club, De Rossi (22 ans) a également su tirer son épingle du jeu (huit apparitions).

Toni-Gilardino, duo d'attaque

La vraie révolution instaurée par Lippi se situe aux avant-postes. Redoutables buteurs, Toni (28 ans, 4 buts en éliminatoires) et Gilardino (23 ans, 2 buts) se sont imposés grâce à une belle entente, des actions de classe et des réalisations implacables. Terriblement malmenés par le duo florentino-milanais le 12 novembre dernier, les Pays-Bas s'en souviennent encore. La paire transalpine allie puissance, technique, régularité et efficacité. Avec un Totti à la baguette, que rêver de mieux ? Outre l'éventuelle absence du meneur romain, la véritable interrogation de la liste des 23 sera liée à l'identité des autres attaquants retenus. Devenu le meilleur buteur de l'histoire de la Juventus, Del Piero devrait être présent. Sera-t-il enfin à la hauteur dans une phase finale, surtout s'il voit son temps de jeu augmenter en cas de retrait de Totti ? Iaquinta (Udinese), Vieri (Monaco), Cassano (Real Madrid) et Inzaghi (AC Milan) se disputeront le ou les deux derniers strapontins.

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