LE JAPON APPREND VITE ET BIEN
Par Frédéric ROYNETTE (le 30 mars)

Michel Platini : «Le football de demain»
Le Japon, comme les trois autres qualifiés asiatiques pour la Coupe du monde (Corée du Sud, Arabie Saoudite et Iran) réussira-t-il à rééditer, au mois de juin en Allemagne, son excellente performance de 2002 ? L'équipe alors entraînée par Philippe Troussier avait été éliminée en huitièmes de finale par la Turquie (1-0), qui allait tout de même monter sur la troisième marche du podium. Au baromètre de la détermination et des résultats, les Nippons sont en constante progression. Bien que 18e nation mondiale, coincée entre l'Egypte (champion d'Afrique, 17e) et la Grèce (championne d'Europe, 19e), la formation dirigée par le Brésilien Zico n'est plus seulement une équipe physiquement bien préparée, pleine de vivacité mais trop légère et rêveuse pour la haute compétition. Les progrès accomplis en l'espace de dix ans par le football nippon s'expliquent en partie par la création, en 1993, de la J-League, dont le succès a été immédiat. Après la terrible désillusion de la non qualification pour la Coupe du monde aux Etats-Unis en 1994, la faute à une égalisation de dernière minute des Irakiens, le Japon a relevé la tête en obtenant quatre ans plus tard, lors d'un match de barrage face à l'Iran, le droit de disputer sa première phase finale. Depuis ce "France 98" et ses trois défaites, le Pays du soleil levant a beaucoup appris. Les désormais traditionnels champions d'Asie (premier titre en 2000) furent les premiers à se qualifier pour le Mondial avec onze victoires en douze rencontres qualificatives.
Preuve également que beaucoup de choses ont changé à l'Est, le Japon semble désormais préférer la qualité (des adversaires) à la quantité (des matches disputés). Dans la perspective de leur match d'ouverture contre l'Australie, le 12 juin à Kaiserslautern, les Nippons ont entamé leur préparation face aux Etats-Unis (défaite 3-2 après avoir été menés 3-0 à la pause). Ils ont ensuite battu la Finlande (2-0) avant un intermède consacré aux éliminatoires Coupe d'Asie 2007, parfaitement négocié face à l'Inde (6-0). Encore irréguliers et capables du meilleur comme du pire, ils ont aussi concédé deux matches nuls récemment face à la Slovaquie (2-2) et la Bosnie-Herzégovine (2-2). Si le match d'ouverture face à l'Australie de Guus Hiddink devrait donner la tendance du groupe où figure également la Croatie, les Japonais, dont Michel Platini dit qu'ils pratiquent «le football de demain», espèrent bien se qualifier pour le deuxième tour avant le dernier match de poule face au Brésil, un événement attendu par tout un peuple (voir ci-contre).
En Europe, certains s'adaptent, d'autres non
Le nul réalisé en 2005 contre les champions du monde (2-2) a montré de quelle cohésion et quel volume de jeu les Japonais étaient désormais capables. Il est loin, le temps où le nombre de joueurs japonais dispensant leur talent loin de leurs terres se comptait sur les doigts d'une main. Aujourd'hui, de la Turquie aux Pays-Bas en passant par la France ou l'Angleterre, les Japonais investissent les Championnats européens. Dernière arrivée en provenance du pays du soleil levant : Masashi Oguro. Cet attaquant de 25 ans a débarqué en Ligue 2, à Grenoble qui, depuis fin 2004, a pour actionnaire majoritaire une société nippone spécialisée dans les contenus pour téléphones cellulaires. Sacré meilleur buteur de la D1 japonaise en 2004, avec plus de vingt buts en trente matches de Championnat, Oguro s'est particulièrement illustré lors de la Coupe des Confédérations 2005, où il a inscrit deux buts avant de manquer celui de la qualification pour les demi-finales face au Brésil (2-2). Daisuke Matsui fait de son côté les beaux jours du Mans. Rappelé récemment en sélection, il devrait profiter des bons résultats du MUC pour figurer dans le groupe définitif de Zico.
Koji Nakata a, lui, quitté l'Hexagone et Marseille pour défendre les couleurs du FC Bâle en Suisse. Son homonyme, Hidetoshi Nakata, ex-vedette de la Serie A italienne, a posé ses valises à Bolton pendant que Junichi Inamoto s'engageait avec West Bromwitch Albion. Shunsuke Nakamura est devenu la coqueluche des supporters du Celtic Glasgow après avoir fait le bonheur de la Reggina. Il fut aussi le meilleur buteur nippon de la Coupe des Confédérations 2003 en France. Enfin, l'attaquant de Majorque, Yoshito Okubo, fêtera son 24e anniversaire le jour du match d'ouverture de la Coupe du monde. Atsushi Yanagisawa, en revanche, a quitté l'Italie et son club de Messine pour s'en retourner au pays, au Kashima Antlers (blessé, il est très incertain). Même parcours ou presque pour Shinji Ono, l'ancien joueur du Feyenoord Rotterdam, transféré au Urawa Reds afin, dit-il, de retrouver son meilleur niveau. Enfin, le plus allemand des joueurs japonais, Naohiro Takahara ne joue pas beaucoup avec Hambourg. Autant d'exemples qui apportent la preuve d'une progression constante, mais semée d'embuches. La Coupe du monde donnera le dernier temps de passage.














 LES AUTRES NATIONS
 Présentation de l'équipe du Japon




