MARCO VAN BASTEN RECTO VERSO
Par Stéphane BITTON (le 23 mars)

Un autre visage
On connaissait le joueur Marco van Basten génial technicien, un tantinet introverti, redoutable buteur, probablement le plus doué de sa génération et sorte de fils spirituel du «monument» Johan Cruyff. On a découvert le sélectionneur aux idées bien trempées, un poil «rentre dedans» et qui a fait sien le surprenant adage consistant à «laisser la place aux jeunes» sorte de révolution culturelle au pays des Tulipes pour une sélection qui n'a jamais hésité à faire la part belle aux «30 ans et plus» pour services rendus à la patrie ! Exit les hommes de Dick Advocaat, le prédécesseur de van Basten aux commandes de l'équipe nationale, et pas des moindres, le capitaine Frank de Boer, Reiziger, Bouma, Stam, Seedorf et van Hooijdonk pourtant demi-finalistes de l'Euro 2004 et tombés, une fois encore face au pays hôte, le Portugal, décidément un sport national aux Pays-Bas après les déconvenues de 1974 en Allemagne et de 1978 en Argentine.
Dans ce contexte, van der Sar, le portier aux 107 sélections, Cocu «l'empêcheur de tourner en rond» du PSV, Davids le «poumon» de Tottenham et dans une moindre mesure van Bronckhorst «couloir gauche du Barça» et van Nistelrooy «le Pauleta d'Old Trafford» font figure de rescapés. La stratégie est pourtant claire, conserver un axe central expérimenté et l'entourer d'une bande de jeunots qui n'a pas froid aux yeux, et qui plus est, rompue aux joutes internationales à travers le bon parcours de leurs clubs sur la scène européenne.
Un parfum d'Ajax
Pour parvenir à son ambition avouée : «une place dans le dernier carré», Marco van Basten fait évoluer son équipe dans un 4-3-3 qui s'appuie sur l'arme incontournable du football d'aujourd'hui, une défense hermétique. Cette dernière n'a plié qu'à trois reprises en 12 rencontres éliminatoires dont deux fois contre la Macédoine à Sköpje en octobre 2004. Très certainement un jour sans. Totalement effacé un an plus tard par ce qui reste la «perf'» des «van Basten boy's», une probante victoire à Prague face aux Tchèques (2-0) et synonyme de qualification pour le Mondial 2006.
Au milieu, deux récupérateurs (Landzaat et Maduro ou Davids) épaulent le stratège de l'équipe, Philip Cocu. Quant à la triplette d'attaque, elle a fière allure. A droite, Dirk Kuijt, déjà 21 buts sous les couleurs de Feyenoord cette saison et le virevoltant gaucher de Chelsea Arjen Robben alimentent un Ruud van Nistelrooy qui tire toujours son épingle du jeu au sein d'une équipe de Manchester United pourtant en déclin. Talon d'Achille de ces Oranje pas si mécaniques, un mental encore perfectible et un jeu très physique qu'il faudra «gérer» sur une compétition comme la Coupe du monde, épreuve regroupée dans le temps, et qui ne permet quasiment aucune baisse de régime.














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