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COUPE DU MONDE 2006

Le Portugal (Groupe D)

Présentation des équipes en lice (11/32)
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UN RÊVE DE QUARANTE ANS
Par Frédéric ROYNETTE

Demi-finaliste de l'Euro 2000, finaliste chez lui quatre ans plus tard, le Portugal va participer à sa quatrième Coupe du monde avec ambition, la patte de son entraîneur brésilien Scolari et un groupe de joueurs alliant jeunesse et expérience. Peut-être l'équipe qui saura dépasser celle d'Eusebio, troisième en 1966 en Angleterre.
 
Scolari rêve de porter le plus beau trophée. (L'Eq.)

Un groupe plus fort et plus expérimenté

Avec le retour de Luis Figo après une pause de douze mois, conjugué au talent du joueur de Manchester United Cristiano Ronaldo, la vista du Barcelonais Deco, le réalisme de Pauleta et l'intransigeance du défenseur central de Chelsea Ricardo Carvalho, le Portugal pourrait bien être l'équipe à suivre lors de la prochaine Coupe du monde. Les Lusitaniens dirigés par le Brésilien Luiz Felipe Scolari ont en tout cas de sérieux atouts à faire valoir pour marcher sur les brisées de leurs glorieux devanciers de 1966. Car le meilleur résultat des Portugais en Coupe du monde remonte à ce Mondial anglais lorsque, emmenés par un Eusebio flamboyant, ils ne furent éliminés que par les hôtes britanniques en demi-finales (2-1) et terminèrent troisièmes après une victoire pour l'honneur devant l'URSS (2-1). Depuis, presque rien, sinon une demi-finale à l'Euro 1984 et un échec mémorable de la génération Futre au premier tour de la Coupe du monde 1986. Puis les années 90 ont fait naître l'espoir, avec l'émergence d'une nouvelle génération de stars. Sous la conduite de Luis Figo et Rui Costa, le Portugal s'est hissé en demi-finales de l'Euro 2000, battu par la France (2-1 a.p.). Quatre ans plus tard, chez lui, Scolari réussissait un parfait cocktail entre la génération des Luis Figo, Rui Costa, Fernando Couto, Vitor Baia et la vague montante des Ronaldo, Maniche, Carvalho et Deco. Comme en 2002, lorsqu'il fut champion du monde avec le Brésil. Mais le Portugal a été privé de butin par la Grèce (1-0) en finale.

Il y a cependant fort à parier que l'expérience accumulée par les joueurs d'une part, mais aussi par Scolari avec le Brésil d'autre part, sera extrêmement bénéfique à une vraie nation de football, qui devrait bien finir par soulever un trophée. Presque traumatisée par sa défaite en finale, l'équipe fut remise sur les rails par Scolari. Le Portugal a entamé son parcours de qualification par deux victoires confortables en Lettonie (2-0) et contre l'Estonie (4-0). Symboles de la continuité de ce groupe, Pauleta et Cristiano Ronaldo ont marqué un but à chacun de ces matches. En fait, le seul petit faux pas a paradoxalement été commis contre le modeste Liechtenstein (2-2) qui est revenu à la marque après avoir été mené 2-0. Mais ce coupable relâchement a été spectaculairement effacé quatre jours plus tard à Lisbonne, le 13 octobre 2004, où le Portugal a fait exploser la Russie (7-1). Au final, le Portugal a remporté neuf de ses douze matches de qualification, concédant juste trois nuls à l'extérieur, terminant avec sept points d'avance sur la Slovaquie, avec la meilleure attaque de la zone européenne (35 buts, comme la République tchèque) mais aussi avec le meilleur buteur, Pedro Miguel Pauleta (11 buts). Le joueur du Paris-SG est même entré dans l'histoire du football lusitanien en battant le vieux record de l'icône Eusebio (41 buts sous le maillot du Portugal). Toutes les nations n'arriveront pas en Allemagne avec les mêmes arguments.

Un groupe très abordable

Si le Portugal a les cartes en main pour arracher son premier sacre international, il devrait également profiter d'un tableau de marche très favorable qui le voit partager son groupe D avec l'Angola, l'Iran et le Mexique. D'ailleurs, l'attaquant Pedro Pauleta n'avait pas caché sa satisfaction à l'issue du tirage au sort, le 9 décembre dernier : «Je suis content. Nous tombons dans un groupe qui ne semble pas insurmontable. Le match contre l'Angola sera le plus important». Ce premier match était d'ailleurs particulièrement redouté par Luis de Oliveira Gonçalves, le sélectionneur de l'Angola, qui ne voulait surtout pas affronter "l'Aigle des Açores" et consorts en ouverture. Pour Branko Ivankovic, le sélectionneur de l'Iran, «le Portugal, finaliste de l'Euro 2004, est clairement le favori et sera en demi-finales du Mondial». Un favori qui n'a plus qu'a se méfier d'un adversaire de taille... lui-même. Luiz Felipe Scolari le sait mieux que quiconque : «Nous devons tous, au Portugal, éviter de retomber dans l'euphorie qui avait suivi le tirage au sort de l'Euro 2004, lequel s'est terminé en cauchemar pour nous. Nous ne voulons pas que le Portugal vive cela à nouveau».

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