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COUPE DU MONDE 2006

Serbie-Monténégro (Groupe C)

Présentation des équipes qualifiées (22/32)
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UNE HISTOIRE À RÉÉCRIRE
Par Frédéric ROYNETTE (le 20 mai)

La Serbie-Monténégro, qui a déjà participé à la reine des compétitions sous le nom de Yougoslavie, tentera de recouvrer son lustre d'antan. Avec un homme fort, Mateja Kezman, et une défense de fer, les joueurs d'Ilija Petkovic n'ont rien à perdre dans un groupe C simplement colossal.
 
Mateja Kezman face aux Bleus le 19/11/02. (L'Eq.)

Montrer que la Serbie-et-Monténégro existe sur la carte

Il fut un temps où les Yougoslaves étaient surnommés les «Brésiliens d'Europe», après notamment deux demi-finales de Coupe du monde en 1930 et 1962. Sa dernière participation remonte à France 1998 où, emmenée par sa vedette Predrag Mijatovic, l'équipe des Balkans avait été éliminée de justesse par les Pays-Bas en huitièmes (1-2). Après la guerre civile de la première moitié des années 90, seule la partie serbe et monténégrine du pays avait l'appellation Yougoslavie. L'équipe de France de Jacques Santini reste la dernière à avoir officiellement affronté la Yougoslavie (3-0), en novembre 2002. En 2003, elle devenait Serbie-et-Monténégro. Et contrairement à la Croatie, troisième de la Coupe du monde en France, les Serbes ont eu beaucoup de mal à s'adapter.

En juin 2003, une défaite contre l'Azerbaïdjan en phase préliminaire de l'Euro 2004 a marqué un tournant de la nouvelle histoire. Ilija Petkovic s'est emparé de la place de Dejan Savicevic au poste de sélectionneur. Depuis, l'équipe nationale vole de succès en succès et Petkovic fait de nouveau rêver les habitants de Belgrade. Les "Plavi" n'ont pas encore perdu une seule rencontre importante sous la direction de leur nouveau mentor. Mieux même, ils ont gagné leur billet pour l'Allemagne en s'adjugeant la première place de leur groupe, concluant leur exercice devant l'Espagne, la Bosnie et la Belgique (six victoires et quatre nuls). Prometteur.

Mateja Kezman, un caractère à part

L'attaquant Mateja Kezman est l'un des grands motifs d'espoir de la Serbie-et-Monténégro. Pur produit de l'école yougoslave, natif de Belgrade, il cumule talent technique et humeur souvent irascible, ce qui a sans doute bridé une partie de son potentiel. Personne n'a oublié par exemple son exclusion contre la Norvège à l'Euro 2000, une minute seulement après être entré en jeu. Trois ans plus tard, alors qu'il évoluait au PSV Eindhoven, il était placé sous la protection de la police néerlandaise après des menaces d'enlèvement proférées par le crime organisé yougoslave. Après un bref passage à Chelsea où il n'a inscrit que quatre buts en vingt-huit rencontres, il est parti à l'Atletico Madrid, où il évolue aujourd'hui. L'équipe nationale est l'endroit où ses qualités de chasseur rejaillissent. Une victoire et un but (1-0) face à la Bosnie-Herzégovine, son sixième en qualifications, ont expédié sa sélection en Allemagne. Malgré tout, même son sélectionneur a du mal à cerner le tempérament du joueur : «Je suis très heureux pour lui aujourd'hui mais j'ai deux questions : Pourquoi a-t-il attendu aussi longtemps pour inscrire autant de buts et pourquoi a-t-il passé deux ans et sept mois sans marquer en sélection ?». C'est sans doute parce qu'il ne connaît pas lui-même la réponse que Mateja Kezman semble capable de se trouver un destin.

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