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COUPE DU MONDE 2006

Allemagne - Italie : 0-2 a.p.

Demi-finale
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RENVERSANTE ITALIE
Par David MICHEL, envoyé spécial à Dortmund

L'Italie a mis fin au rêve de l'Allemagne dans « sa » Coupe du monde en inscrivant deux buts à une minute de la fin de la prolongation (2-0 a.p.). La Squadra Azzurra disputera bien sa sixième finale dans la compétition.
 
L'Italie est en finale. (L'Equipe)

L'Allemagne touchée en plein coeur

Le Westfalenstadion de Dortmund a vécu mardi soir un moment intense et fiévreux avant de connaître une véritable désillusion. L'Allemagne, très majoritairement représentée dans les tribunes, ne s'était encore jamais inclinée dans son jardin. Elle a pourtant rendu les armes dans les dernières secondes de la prolongation face à une équipe d'Italie qui avait un pic à glace caché dans le dos (2-0). Alors que les deux sélections filaient tout droit vers la séance des tirs au but, la Squadra Azzurra abattait la Mannschaft en plein coeur, la privant d'une place en finale de «sa» Coupe du monde. Le défenseur de Palerme Grosso (119e) puis le Turinois Del Piero (120e), tout juste entré en jeu, repoussaient à jamais la fameuse loterie des penalties, à laquelle ils ont trop souvent failli, contrairement à leur adversaire. Les hommes de Lippi se qualifiaient ainsi pour la sixième finale de leur histoire dans un silence étourdissant. Malgré ces deux coups de tonnerre difficiles à digérer, une partie des spectateurs applaudissait tout de même ses joueurs lors d'un tour d'honneur improvisé. Mais une autre frange pleurait à chaudes larmes. Et l'Allemagne ne prenait toujours pas sa revanche sur cette Italie victorieuse en demi-finale en 1970, et en finale en 1982. Ni, plus récemment, sur la déculottée de Florence, il y a quatre mois en amical (1-4).

Pendant cent-vingt minutes, ou plutôt cent dix-neuf, la partie pouvait basculer d'un côté comme de l'autre. En première période, la bonne dizaine d'occasions récoltées, si elles n'étaient pas véritablement tranchantes, eurent le mérite d'exister. Pour l'inspiration, il ne fallait en revanche pas attendre de miracles des deux meneurs Michael Ballack et Francesco Totti, qui manquaient pratiquement tout ce qu'ils entreprenaient. Il fallait alors trouver d'autres créateurs pour insuffler du rythme et de la profondeur au jeu. Pour la Squadra Azzurra, Pirlo compensait les manques. Le Milanais, qui sait jouer ce rôle à merveille, était au four et au moulin. Kehl, Schneider et Borowski tentaient de leur côté de faire chavirer le vaisseau du Borussia, totalement acquis à leur cause. Mais les Italiens affichaient d'entrée de belles ambitions en se portant vers l'avant. Les deux équipes avaient du répondant, jouant au chat et à la souris. Les tentatives de Totti (4e), Toni (16e, 31e) et Camoranesi (42e) trouvaient de l'écho dans celles de Ballack (8e), Podolski (21e) et Schneider (34e).

Gilardino et Zambrotta sur les montants

Le fer était toujours chaud au retour des vestiaires. Les deux gardiens, Buffon et Lehmann, devaient sortir leurs beaux habits de ferrailleurs. Klose (50e) et Grosso (51e), à quelques secondes d'intervalle, faisaient passer des frissons dans les travées du stade, mais les deux portiers brillaient pour repousser le suspens à plus tard. Positionnés plus haut et poussés par un public toujours aussi bouillant, les Allemands jouaient avec davantage de conviction et Buffon essuyait sans frémir une frappe à bout portant de Podolski (63e) alors que Klose demeurait toujours aussi fantomatique. Guère plus à son avantage, Totti ne pouvait de toute façon pas faire un pas avec le ballon sans être bousculé et conspué. Si le Romain et son compère de Turin Camoranesi souffraient, Ballack tirait finalement son épingle du jeu et son équipe vers le haut. Plus les minutes s'écoulaient et plus la tension gagnait les deux équipes. Mais les protégés de «Klinsi» devaient absolument résoudre une énigme sous peine de ne pas voir Berlin : Comment percer la muraille adverse ? La réponse ne viendrait jamais. Les Italiens avaient eux la solution et ils en apportaient la preuve. Gilardino (91e) et Zambrotta (92e) avaient déjà trouvé le poteau et la transversale. Grosso et Del Piero, avaient plus de chance.

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