LA LEÇON ALLEMANDE
Par Anthony THOMAS

La Suède réduite à dix à la 35e
Si une équipe d'Allemagne est née lors du premier tour, elle a été baptisée avec tous les honneurs à l'Allianz Arena de Munich samedi après-midi. Les hommes de Jürgen Klinsmann ont non seulement décroché une qualification logique pour les quarts de finale, presque une tradition outre-Rhin (lire ci-contre), mais ils ont aussi pleinement adhéré à un projet de jeu offensif et ambitieux, prometteur pour la suite de la compétition. Point fort de l'équipe dirigée par l'ancien avant-centre de la Mannschaft : son attaque. Miroslav Klose avait montré son talent au premier tour (4 buts), l'attaquant du Werder Brême a hissé dans son sillage Lukas Podolski, qui a concrétisé la domination de son équipe par un doublé dès le premier quart d'heure (4e et 12e). A chaque fois, le buteur du FC Cologne (en partance pour le Bayern) a su profiter du formidable travail de son coéquipier, qui accaparait l'attention de la défense adverse et créait les décalages. Malgré un compteur-buts bloqué, Miroslav Klose a montré les multiples facettes de son jeu : passeur décisif, premier récupérateur grâce à ses tacles rageurs et talentueux dribbleur, en témoigne son grand pont sur Linderoth, ou son petit pont dans la surface (64e). La différence au tableau d'affichage aurait pu être encore plus grande sans un manque de réussite et le talent du gardien suédois Andreas Isaksson, qui a multiplié les détentes horizontales et les claquettes salvatrices. Malgré l'ouverture du score précoce, les Allemands n'ont jamais relâché leur emprise sur le match, multipliant les vagues offensives (26 tirs, 10 frappes cadrées) et profitant de l'expulsion de Teddy Lucic dès la 35e minute.
Larsson rate un penalty
Derrière ces deux attaquants, c'est toute une équipe allemande qui s'est lancée à l'abordage des buts suédois, avec un Michael Ballack sûr de son jeu et de sa frappe (tir sur le poteau à la 55e), et un Philip Lahm toujours aussi virevoltant sur son aile gauche. De l'arrière-garde à la pointe de l'attaque, toute l'équipe a adhéré à un football presque "total" en première mi-temps. Cette performance a certes été facilitée par la contre-performance de la Suède, méconnaissable après un premier tour difficile. Attentistes en défense, jamais les Vikings n'ont trouvé la vitesse de jeu qui avait inquiété l'Angleterre. Henrik Larsson a confirmé la fébrilité mentale de son équipe, tirant largement au-dessus des buts de Lehmann un penalty plutôt généreux (53e). L'attaquant du FC Barcelone, Zlatan Ibrahimovic, ou Freddie Ljungberg n'ont pu inquiéter Jens Lehmann que par intermittence, sur des actions individuelles. Une frappe en pivot d'Ibrahimovic (40e) et un jaillissement de Mattias Jonson (43e) ont néanmoins confirmé les doutes sur la lenteur de la jeune charnière centrale Mertesacker-Metzelder. Une simple alerte toutefois puisque l'équipe n'a pas encaissé de but pour le troisième match consécutif et file vers son quart de finale en pleine confiance. Comme une tradition.














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