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COUPE DU MONDE 2006

Angleterre - Equateur (1-0)

Huitième de finale
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UN QUART D'ANGLETERRE
Par David BENAROUSSE

Une toute petite équipe d'Angleterre s'est qualifiée pour les quarts de finale, à la faveur d'un coup franc de son capitaine David Beckham à l'heure de jeu (1-0). Sans rien prouver, les hommes de Sven-Göran Eriksson sont néanmoins venus à bout d'une équipe équatorienne qui est passée à côté de son match. Les Anglais rencontreront les Pays-Bas ou le Portugal au prochain tour.
 
Un coup franc de Beckham a suffi. (L'Equipe)

Les Anglais se cherchent, encore

Destabilisé en attaque entre le retour de blessure de Wayne Rooney et celle d'Owen, Sven-Göran Eriksson a fait preuve d'une drôle d'imagination pour composer son onze de départ face à une équipe équatorienne «type». En plaçant curieusement Hargreaves (d'ordinaire milieu défensif) en position d'arrière droit, et en lançant Carrick en unique milieu récupérateur pour son premier match de Coupe du monde, le sélectionneur anglais n'a pas dû s'étonner de voir ses joueurs se chercher pendant toute la première période. Positionnée dans un 4-1-4-1 déjà peu ambitieux, Rooney n'étant soutenu en pointe que par les rares montées de Gerrard, la formation anglaise a une nouvelle fois démontré ses limites offensives, ne se créant aucune occasion de but en quarante-cinq minutes. Au contraire d'Equatoriens prudents, moins incisifs que lors de leurs deux premiers matches, mais dangereux sur chacune de leurs rares incursions. «C'était un mauvais jour défensivement», avait assuré David Beckham au soir du résultat nul face à la Suède (2-2), son dernier match des phases de poules. Un constat auquel le capitaine anglais a certainement repensé quand, sur un long ballon d'Espinoza, Terry a sauté un temps trop tôt, laissant le champ libre à Tenorio seul dans son dos. Sans un retour fulgurant d'Ashley Cole après une course de cinquante mètres, l'avant-centre de la Tri n'aurait pas vu le cuir s'écraser sur la barre transversale de Robinson, livré à lui-même (11e). Ou encore neuf minutes plus tard sur un coup franc de Mendez que Ferdinand a manqué de dévier dans son propre but (20e).

Un coup franc de Beckham, c'est tout

Dans un Gottlieb-Daimler stadion aux trois-quarts rempli de supporters britanniques eux aussi étouffés par la chaleur, les vingt-deux acteurs ont semblé avoir les jambes au moins aussi lourdes que le climat. Aucune phase de jeu construite, pas ou peu de montées des latéraux ou de décalages dans un milieu de terrain cadenassé... Seuls les quelques «God Save The Queen» ont donné un peu de saveur et de rythme à la partie. C'est dire. Bien moins fringants et libérés que face à la Pologne (2-0) ou au Costa Rica (3-0), les Equatoriens n'ont jamais vraiment exprimé leur football sur ce match, sans doute trop crispés à l'idée d'accéder aux quarts de finale pour leur seconde participation à une phase finale. Côté anglais, l'alchimie collective n'a toujours pas été trouvée, l'accumulation de talents individuels au milieu de terrain ne donnant toujours pas sa pleine mesure. L'équipe de Sven-Göran Eriksson a en revanche encore prouvé qu'elle était redoutable sur coups de pied arrêtés, surtout quand David Beckham s'y colle. Excentré côté gauche, le Spice Boy a fait taire toutes les critiques en enroulant parfaitement son tir du droit de vingt mètres, trompant Mora sur le premier tir cadré anglais (1-0, 60e). Sa femme Victoria pouvait exulter : son mari a qualifié son équipe pour les quarts de finale. Il y a quatre ans, les Anglais s'inclinaient pour la cinquième fois de leur histoire en quart de finale face au Brésil (2-1), avant de céder à nouveau à ce stade de la compétition deux ans après face au Portugal à l'Euro. Hasard du destin, la formation de Sven-Göran Eriksson pourrait retrouver Figo et sa bande au prochain tour pour la revanche, mais elle devra faire beaucoup mieux pour espérer ne pas chuter de nouveau à ce niveau. Et laisser ses supporters rêver d'un deuxième sacre mondial, quarante ans après.

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