LES SIFFLETS FONT DES HISTOIRES
Par David BENAROUSSE

L'erreur est humaine
Le monde du football n'a eu de cesse de vanter l'organisation «parfaite» de cette Coupe du monde allemande. Difficile d'employer ce terme alors que sur les terrains, les coups de sifflet ont trop souvent fait débat. Roger Lemerre est bien placé pour savoir combien le rôle de l'homme en noir peut influencer le cours d'une rencontre, d'un tournoi, voire d'une carrière, lui qui a été victime d'une vindicte populaire et médiatique après l'élimination des siens à cause de deux erreurs face à l'Ukraine (0-1) : une main de Voronine qui détourne un coup franc parfait d'Ayari à 20 minutes de la fin d'un match crucial et dans la minute suivante, un penalty inexistant accordé à Chevtchenko. Que dire aussi des trois cartons jaunes donnés au Croate Simunic par l'arbitre anglais Graham Poll (Croatie-Australie, 2-2), du but décisif inscrit par Peter Crouch à 10 minutes de la fin du match face à Trinité-et-Tobago (2-0) après avoir tiré la queue de cheval de Sancho pour placer sa tête au second poteau ? Que l'arbitrage a pollué la compétition, et qu'il faut sérieusement se pencher sur la, ou plutôt les questions.
«Je suis favorable à ce qu'il y ait plus d'arbitres sur le terrain. Je n'en veux pas du tout aux arbitres, ils ne peuvent pas couvrir un terrain de 100 mètres de long et être à côté du ballon en permanence. C'est déjà difficile pour un défenseur, alors pour un arbitre !» Ces paroles complaisantes de Fabien Barthez après le match de la France face à la Corée du Sud (1-1, et un but refusé à Patrick Vieira alors que le ballon avait nettement franchi la ligne) démontrent que des solutions peuvent et doivent être trouvées pour minimiser les erreurs. Outre le passage à un arbitrage professionnel, qui pourrait être une solution dans un premier temps, la présence de plusieurs arbitres sur la pelouse et derrière les buts est également un axe de réflexion intéressant qui permettrait d'éviter de refuser des buts valables, voire d'assainir des surfaces de réparations polluées par les tirages de maillots sur les corners ou les «simulateurs professionnels». Si un arbitre avait été posté derrière la ligne de but lors du huitième de finale entre l'Italie et l'Australie (1-0), Grosso n'aurait sûrement pas obtenu ce penalty décisif transformé par Totti à 10 secondes de la fin du match.
Sans la vidéo...
Si des matches comme le malencontreux Portugal - Pays-Bas (16 cartons jaunes, quatre cartons rouges) sont rares, et de toute façon «ingérables» quel que soit l'arbitre, ce cru 2006 a eu le mérite de soulever pour la énième fois le débat, mais aussi le courroux de certains entraîneurs, joueurs, ou responsables du football mondial. Le président de la FIFA Joseph Blatter s'est par exemple montré très énervé après les trois cartons jaunes donné par l'arbitre anglais Graham Poll : «Je ne peux pas comprendre pourquoi, quand l'arbitre fait une erreur, ses trois assistants ne sont pas intervenus: ils auraient dû le faire, comme, du reste, les autres officiels au bord du terrain». Une colère vraiment légitime qui prouve qu'il faut trouver des solutions. «On va introduire cet automne la solution du ballon avec la puce électronique pour déceler s'il est rentré ou pas dans le but», a-t-il affirmé après le match France - Corée du Sud, tout en assurant une nouvelle fois que «la vidéo n'est pas une solution idéale» pour aider les arbitres.














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