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COUPE DU MONDE 2006

Du 9 juin au 9 juillet 2006

Bilan
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TENDANCES MONDIALES
Par Frédéric ROYNETTE

De la victoire allemande contre le Costa Rica en match d'ouverture à Munich, au triomphe de l'Italie à Berlin face à la France, la XVIIIe Coupe du monde a vu les anciens prendre leur revanche et les défenses triompher.
 
L'Italie championne du monde. (L'Equipe.)

L'Allemagne, une réussite totale

32 équipes, 147 buts au cours des 64 matches devant 3 359 439 spectateurs répartis dans 12 stades et plus de 30 milliards de téléspectateurs de par le monde, cette Coupe du monde aura été «la meilleure de tous les temps» selon Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, cette instance qui envie à la FIFA son nombre de pays affiliés. (voir ci-contre). Au rang des belles surprises, impressionnante Allemagne qui doutait avant le début de son épreuve, mais qui a réussi une campagne plus que prometteuse. Les hommes de Kinsmann ont brisé le vieux stéréotype de l'école allemande austère et efficace. Ils ont inscrits le plus grand nombre de buts (15 dont 5 pour Miroslav Klose meilleur buteur et trois pour Lukas Podolski, élu meilleur jeune). L'organisation sans faille de l'événement et l'enthousiasme affiché par les bénévoles et les supporters ont aussi grandement contribué à son succès.

Le Portugal, le plus spectaculaire. Le Brésil et l'Espagne, les plus fair-play. Les Argentins ont, pour leur part, marqué les esprits, développant un jeu offensif de haute volée avec, en point d'orgue, la démonstration collective offerte face à la Serbie et Monténégro (6-0). Les partenaires de Riquelme avaient montré l'exemple du jeu à suivre. L'Espagne s'y est essayée contre l'Ukraine (4-0). L'Italie face au Ghana (2-0) ou en demi-finale contre l'Allemagne (2-0) lors de la prolongation. Du rythme, de l'engagement et du spectacle, la France, quoiqu'on en dise, a offert deux grands moments aux yeux du monde. Face à l'Espagne (3-1), puis contre le Brésil (1-0) grâce notamment à la performance d'un Zidane des grands soirs. Le Ghana a lui sauvé l'honneur de l'Afrique en sortant du terrible Groupe E, derrière l'Italie et devant la République tchèque et les Etats-Unis. La grosse surprise est venue de l'Australie, qui pour son retour en Coupe du Monde après 32 ans d'absence, a atteint les huitièmes de finale, tout juste éliminée par le futur vainqueur du tournoi (0-1). L'Asie n'a pas réédité l'exploit de 2002, ne qualifiant aucun de ses quatre représentants pour le deuxième tour.

L'Italie, le lauréat le plus défensif

Avec seulement deux buts encaissés (un contre son camp et un autre sur penalty), la Nazionale, championne du monde pour la quatrième fois, a réalisé une performance inégalée dans l'histoire de la compétition. La France et l'Italie ont aussi affiché une moyenne d'âge largement supérieure à celle des onze vainqueurs précédents, à l'exception du Brésil de 1962 (vainqueur avec une équipe âgée de 30 ans et 1 mois). L'Angleterre fut un pauvre quart de finaliste. Le Brésil, présenté comme le grand favori, aussi. Les Oranje néerlandais n'étaient pas assez mûrs. L'arbitrage, malgré le satisfécit de la FIFA, fut la plaie de la compétition. Au final, les mieux en place tactiquement, les plus solides défensivement et les mieux préparés physiquement sont allés au bout.

Cette Coupe du monde a fait la part belle aux joueurs à vocation défensive. Si Zidane a été élu meilleur joueur par la FIFA, l'instance internationale aurait pu lui préférer Buffon ou Lehmann dans le but, Zambrotta, Lahm, Grosso, Cannavaro ou encore Ayala pour ne citer qu'eux. Et que dire des déceptions Ballack, Pauleta, Ronaldinho, Lampard ou autre Raul ? Les exploits individuels ont été rares. La faute à la chaleur ? Ou à une pénurie de grands talents ? Même le plus grand d'entre eux, Zidane, a craqué. Il avait illuminé le ciel de Francfort par ses éclairs de génie alors que chaque match pouvait être son dernier. Son sourire après France-Espagne était un vrai rayon de soleil. Il a choisi de partir comme un homme, et non comme un Dieu.

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