SANS SUSPENSE
Par David MICHEL (Envoyé spécial à Dortmund)

Le Ghana paie son manque de réalisme
Les faits sont là . Le Brésil est une implacable machine à gagner et il en apporte la preuve flagrante à chaque sortie. C'est comme ça. En écrasant le Ghana mardi à Dortmund (3-0), la Seleçao a remporté son onzième match d'affilée en Coupe du monde et s'est logiquement qualifiée pour les quarts de finale qu'elle disputera samedi à Francfort. Après la démonstration effectuée face au Japon (4-1), l'heure de la confirmation avait sonné pour les hommes de Parreira. Avec ses inamovibles titulaires, l'équipe brésilienne n'a pas réalisé une aussi grande prestation que le tableau d'affichage pouvait le laisser deviner mais elle a été d'un réalisme terrifiant. Et dans les moments difficiles, elle a eu la chance d'être tombée sur une paire d'attaquants africains qui avait perdu le petit mode d'emploi illustré du buteur. Certains flottements en défense auraient en effet pu lui coûter très cher. Mais comme elle marque toujours le ou les buts qu'il faut quand il le faut, les trous défensifs se transforment vite en tornade offensive.
Dominée une bonne partie de la première période, la Seleçao a inscrit deux buts avec seulement quatre occasions. Le Ghana peut être jaloux de cette réussite, lui qui a gaspillé un nombre invraisemblable de munitions. La grande différence s'est donc faite sur la qualité des attaquants et leur justesse à apprécier le cadre. Connus pour leurs innombrables ratés dans la surface, Amoah et Gyan ont pris une sérieuse leçon des maîtres artificiers Ronaldo et Adriano. Il a fallu une seule occasion à Ronaldo pour devenir le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde (lire ci-contre). Après six minutes, Kakà a servi Ronaldo plein axe, lequel a piqué un sévère démarrage dans le dos de la défense et a mis dans le vent le gardien des Black Stars d'un facile tour de passe-passe (6e, 1-0). L'addition aurait même pu être plus lourde d'entrée de jeu si Adriano n'était pas venu buter sur Kingston alors qu'il avait le but ouvert (13e). Mais l'attaquant de l'Inter Milan allait se refaire. A quelques secondes de la pause, le «Déménageur» a pris son envol et, sur un centre au cordeau de Cafu, a coupé la trajectoire du ballon avec sa cuisse (45e, 2-0). Le 200e but du Brésil dans l'histoire de la compétition (lire ci-contre). A la mi-temps, il ne fallait pas être médium pour deviner l'issue finale.
Mais entre ses deux coups de génie offensifs, la Seleçao n'a pas toujours tenu toutes ses promesses. Elle s'est trop souvent repliée dans sa moitié de terrain, laissant la maîtrise du jeu à son adversaire. Etouffé tout le premier quart d'heure, le Ghana a profité par la suite de la relative somnolence des Auriverde pour tenter d'exister. Pas facile et pourtant, il était écrit que les Black Stars n'allaient pas se faire marcher dessus. Eux que l'on disait obstinés à vouloir attaquer sur les côtés ont finalement trouvé des largesses en passant par le centre, pas du tout embouteillé. Une frappe de 40 mètres de Dramani a mis Dida à contribution (18e) avant qu'Amoah (24e et 29e), Muntari (27e) puis Mensah (42e) n'inquiètent le gardien brésilien mais toujours avec une pointe de maladresse. La seconde période n'allait en rien modifier le cours de l'histoire. Enfin plus entreprenant, le Brésil a ajouté un troisième but en fin de rencontre par Zé Roberto (84e) malgré des tentatives de Dramani (52e) et Gyan (79e). Et il s'en est fallu d'un rien pour que Cafu ne parachève ce succès par un quatrième pion. Le capitaine aurait pu célébrer par un but son 19e match en phase finale de Coupe du monde, ce qui en fait désormais le Brésilien le plus capé, et sa 16e victoire. Ce n'est pas rien.














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