TOTTI SAUVE L'ITALIE
Par Anthony THOMAS

Materazzi expulsé à la 51e
Dans les matches fermés, bloqués par les choix tactiques de deux entraîneurs, la décision se fait souvent grâce à un exploit individuel ou une décision de l'arbitre. L'Espagnol Luis Medina Cantalejo a changé la physionomie du match à deux reprises : à la 51e quand il a expulsé sévèrement l'Italien Marco Materazzi pour un tacle sur Bresciano, donnant une supériorité numérique aux Socceroos pour le reste de la rencontre; mais surtout à la 93e quand il offrait un penalty généreux à l'Italie. Fabio Grosso dribblait Lucas Neill avant de trébucher sur le joueur. Entré un quart d'heure auparavant, Francesco Totti est devenu le héros national que les supporters espéraient en transformant parfaitement la sanction d'une frappe dans la lucarne. Le meneur de jeu de l'AS Rome a tiré l'Italie d'une situation délicate où le manque de réalisme s'est ajouté aux difficultés physiques. Jouant sur ses qualités, l'Australie a tenté pendant 40 minutes de profiter de sa supériorité numérique. Pressants, Cahill, Bresciano, Wilkshire ont acculé les Italiens devant les buts de Gianluigi Buffon mais n'ont jamais réussi à construire des actions pouvant déstabiliser l'arrière-garde transalpine. Seuls des corners (81e) ou des frappes lointaines (Chipperfield à la 59e, Bresciano à la 84e) auraient pu débloquer la situation pour eux. A 10, les Italiens se sont contentés de jouer les contres, mais avec une maladresse qui les a suivis tout au long du match.
L'Italie rate le coche en première mi-temps
Plus que l'expulsion, c'est en effet le manque de réalisme inhabituel qui a mis la Squadra Azzurra en danger en première mi-temps. Positionné assez bas pour contrer le football direct et sans calcul des Australiens, le onze de Marcello Lippi avait su se créer avant la pause un nombre d'occasions suffisant pour faire le break. Préféré à Francesco Totti, en dessous de son niveau depuis le début du tournoi, Alessandro Del Piero justifiait sa titularisation en adressant le premier centre dangereux pour Toni (3e). Mais le véritable meneur de jeu des Azzurri était bien Andrea Pirlo. Positionné devant la défense, le joueur de l'AC Milan profitait des largesses de ses adversaires pour offrir plusieurs balles de but à ses deux attaquants (21e, 34e). En pointe, Luca Toni et Alberto Gilardino ont proposé mobilité, complémentarité et technicité. Mais il leur a manqué une seule qualité, essentielle, l'efficacité. Meilleur buteur de Serie A, Toni a notamment échoué de la tête (3e, 34e) et du pied (22e, 33e), face à un Mark Schwarzer dans un bon jour. Entré à la pause, Iaquinta a connu la même déveine, sur les contres italiens (frappe trop molle à la 87e). L'alerte a été très sérieuse pour les Italiens et servira au moins d'avertissement dans une partie de tableau a priori dégagée avec un quart de finale contre la Suisse ou l'Ukraine.














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