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COUPE DU MONDE 2006

Italie - Ukraine : 3-0

Quart de finale
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L'ITALIE SE RETROUVE
Par Jean LE BAIL

La Squadra Azzurra n'a pas tremblé pour éliminer l'Ukraine (3-0) grâce à des buts de Gianluca Zambrotta (6e) et un doublé de Luca Toni (59e et 69e). L'Italie affrontera l'Allemagne en demi-finale mardi prochain à Dortmund.
 
Gianluca Zambrotta a montré la voie. (L'Equipe)

Buteur, passeur, sauveur : Zambrotta a tout fait

Pour une affiche qui ne présageait rien de bon, c'est raté, et c'est tant mieux. Entre deux équipes décriées pour leur jeu décevant (Italie) ou prudent à l'excès (Ukraine), le quart de finale le moins relevé s'est finalement révélé très vivant, surtout en deuxième période, quand les Ukrainiens se sont jetés sur le but italien pour revenir au score. Autre contre-pied aux pronostics, le joueur le plus en vue de la partie ne fut pas une star, un Chevtchenko ou un Totti, mais Gianluca Zambrotta, homme à tout faire de la sélection italienne, milieu droit reconverti latéral gauche. Buteur (6e) sur une frappe de l'extérieur de la surface (encore un but de loin dans cette Coupe du monde !), Zambrotta sauva sur sa ligne un ballon de but ukrainien (67e) avant d'adresser une passe décisive à Luca Toni pour son deuxième but, le troisième des Italiens (69e). Le joueur de la Juventus Turin a mis l'Italie sur la voie de sa première qualification en demi-finale depuis le Mondial américain de 1994. Une forme de revanche sur les «millions de problèmes » (Marcello Lippi) rencontrés par la Nazionale : blessures, critiques de la presse, scandale des matches truqués, sans oublier l'émotion suscitée par la tentative de suicide de Gianluca Pessotto, deux jours avant le match (les joueurs lui ont dédié la qualification).

Il n'est pas anecdotique que les deux grands autres bonhommes du match côté italien furent Gianluigi Buffon et Fabio Canavarro. Le premier réussit plusieurs arrêts réflexes au plus fort de la furie ukrainienne juste après le repos. Le second fut une nouvelle fois très à son aise dans son rôle de patron de la défense, au four (en retirant une balle de but à Chevtchenko) comme au moulin (présent à la réception du centre de Totti sur le deuxième but de Toni). En résumé, un soliste inattendu, deux tauliers au rendez-vous, trois buts de belle facture, et une dose de chance aussi puisque les Italiens ont marqué leur deuxième but juste après la plus grosse occasion ukrainienne.

L'Ukraine est battue mais livre son meilleur match

L'autre satisfaction de la soirée, c'est le paradoxe ukrainien : éliminés avec trois buts concédés, les hommes de Blokhine ont pourtant livré leur meilleur match du Mondial. En titularisant d'entrée le jeune prodige Artem Milevsky (celui qui avait réussi une "Panenka" lors des tirs au but face à la Suisse), le sélectionneur ukrainien avait donné un premier indice sur sa volonté de lâcher (enfin) les chevaux. Chevtchenko, Gusev et Kalinichenko tentèrent davantage en une mi-temps que pendant les quatre premiers matches de l'Ukraine. Sans réussite, mais en donnant raison aux spectateurs (dont de nombreux Français) de l'AOL Arena : un match vaut toujours d'être vu, sans a priori.

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