BONJOUR TRISTESSE
Par Frédéric ROYNETTE

120 minutes d'ennui
C'était à craindre, cette confrontation quelque peu mystérieuse entre la Suisse et l'Ukraine, deux équipes qui ne s'étaient encore jamais rencontrées à ce niveau de la compétition a offert un spectacle indigne d'un huitième de finale de Coupe du monde. Entre une formation helvétique qui a le plus souvent refusé le jeu et une Ukraine aux deux visages qui ne dispose pas d'armes suffisantes pour inquiéter la meilleure défense de la Coupe du monde, ce match aurait pu durer jusqu'au bout de la nuit. Même le duel à distance entre les deux grands attaquants, Andreï Chevtchenko d'un côté, et Alexander Frei de l'autre n'a pas permis de rentabiliser le prix du billet dans un stade de Cologne acquis à la cause de la «Nati». Pour chaque match en effet, l'engouement est tel que près de 40 000 à 50 000 supporters auront effectué le déplacement. Pour la forme, une ola à un tour a même été déclenchée à l'heure de jeu. Sans doute pour justifier les trois occasions aperçues en première période.
A la 12e minute, une frappe lointaine du Suisse Wicky était magnifiquement détournée par le portier ukrainien Shovkovsky. Cette première prise de risque individuelle du match était suivie par deux véritables opportunités d'ouvrir le score et de désinhiber les vingt-deux acteurs. Une tête piquée de Chevtchenko en déséquilibre suite à un coup franc tiré par Kalinychenko était repoussée par la barre transversale (20e). Quasiment sur l'action suivante, la Suisse bénéficiait à son tour d'un bon coup franc à hauteur des vingt-deux mètres. Frei, à la frappe trouvait l'arête de la transversale de Shovkovsky, plutôt heureux sur le coup. Le début de seconde période allait laisser quelques espoirs de voir, enfin, un autre football, notamment lorsque le Ballon d'or 2004 déclenchait un tir du gauche aussi soudain que puissant qui rasait les montants de Zuberbühler (67e). C'était sans compter sur l'apathie générale qui allait pousser les deux équipes à disputer la prolongation. Si les Suisses apparaissaient plus frais physiquement que leurs adversaires, les protégés de Köbi Kuhn ne parvenaient toujours pas à débloquer la situation. C'est donc en toute logique que le futur adversaire de l'Italie, vendredi prochain à Hambourg, allait être désigné aux tirs au but.
L'Ukraine qualifiée, malgré Chevtchenko
Après cent vingt minutes d'ennui, le héros tout désigné était le gardien de but Oleksandr Shovkovsky, auteur de deux arrêts suisses, le troisième échouant sur sa barre transversale. Il permettait également d'effacer l'échec initial d'Andrei Chevtchenko, Oleg Gusev se chargeant du tir victorieux. L'Ukraine espère désormais imiter la Croatie, dernier pays européen avant elle à avoir passé le premier tour dès sa première participation en 1998. La Suisse est éliminée sans avoir pris le moindre but dans le tournoi.














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