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Autriche

L'AUTRICHE, RISÉE DE L'EUROPE ?

Par Cyril OLIVES
En février, l'Autriche d'Ivanschitz a été étrillée par l'Allemagne. Bis repetita en phase de poules?(AFP)

Hormis la Belgique en 2000, jamais l'organisateur d'un championnat d'Europe n'a fait moins bien qu'une demi-finale. L'Autriche devrait rééditer cette piètre performance. Au pays, personne ne croit la Wunderteam, qui n'a gagné qu'un seul de ses quatorze derniers matches amicaux, capable de sortir de sa poule.

Une Wunderteam qui n'en a que le nom

Depuis la création du championnat d'Europe de football en 1960, le pays organisateur est toujours arrivé au moins en demi-finale, exception faite de la Belgique, co-organisateur de l'Euro 2000. Cette année, la Suisse et plus sûrement l'Autriche devraient lui emboîter le pas. « Si on survit à notre poule, ce sera un grand succès», prévient Hans Krankl, sélectionneur de 2002 à 2005 et ambassadeur de l'Euro 2008 pour la Wunderteamqui n'a jamais aussi mal porté son nom. ''L'équipe merveilleuse'' n'aurait jamais pu se qualifier sur le terrain à un Euro dont elle n'a jamais connu de phase finale. Depuis le mois de janvier 2007, elle ne s'est imposée qu'à une seule reprise (3-2 contre la Côte d'Ivoire) en quatorze matches amicaux. Le 6 février 2008, elle a largement perdu 3-0 contre une faiblarde équipe d'Allemagne. Une situation désespérée qui a fait naître une grande inquiétude au pied des Alpes tyroliennes.

Une pétition contre l'équipe nationale

Une pétition réclamant le forfait de la Wunderteamavant même le début de la compétition a été lancée en septembre 2007 par des supporters mécontents. « La façon dont joue l'Autriche est une insulte à tous les fans de ce jeu. Nous allons être la risée de l'Europe. Autant nous retirer et laisser la place à une nation qui aurait mérité sa qualification sur le terrain», clamaient-ils sur un site internet. Plus de 10 000 signatures ont été recueillies en un mois. « C'est l'entreprise la plus stupide du monde», s'est emporté Michel Platini, président de l'UEFA. Toujours est-il que l'inquiétude est grande chez la 88e nation au classement FIFA (derrière l'Arménie, la Géorgie ou l'Albanie, par exemple) à cause d'une équipe nationale qui n'est plus tirée par un football de club tombé en déliquescence. Il est loin le temps où le SV Salzbourg atteignait la finale de la Coupe de l'UEFA (1994) et le Rapid Vienne celle de la Coupe des coupes (1996). Cette saison, le Red Bull Salzbourg (champion national) s'est incliné au troisième tour qualificatif de la C1 face à Donetsk avant de se faire sortir par l'AEK Athènes au premier tour de la Coupe de l'UEFA. L'Austria Vienne est bien arrivée en phase de poules de la C3 mais elle a terminé dernière de son groupe H.

L'Autriche manque de leaders

Le problème est que ces clubs fournissent plus de la moitié des hommes de Josef Hickersberger. En découle un manque flagrant de leadership et d'expérience en équipe nationale. Seulelment deux joueurs sortent du lot et tentent de reprendre un flambeau laissé vacant par les glorieux aînés que sont Ernst Happel, Andreas Herzog, Ivica Vastic ou Anton Polster. Le premier est Emmanuel Pogatetz, le solide défenseur central de Middlesbrough qui s'est bien accommodé à la rigueur de la Premier League. Le second, Andreas Ivanschitz, est le seul joueur autrichien de niveau international. Le milieu offensif du Panathinaïkos, capitaine de la Wunderteam, est cependant bien seul. Difficile dans ces conditions pour Hickersberger de construire un collectif pour les joutes de l'Euro. Pour preuve, le 26 mars, les Autrichiens menaient 3-0 contre les Pays-Bas après seulement trente minutes de jeu alors que les Oranjesn'avaient plus encaissé trois buts dans un match depuis 27 rencontres. Mais les coéquipiers de l'ancien Niçois Roland Linz se sont finalement inclinés 4-3, au grand désespoir de son sélectionneur : « Je suis terriblement déçu. Ceci est très mauvais pour le moral de mes joueurs.» Pour beaucoup, c'est le signe d'une fragilité qui sera fatale au pays co-organisateur dès la phase de poules. Pourtant, le groupe B reste assez homogène avec l'Allemagne, la Croatie et la Pologne. Une chance pour que la Wunderteamne devienne pas définitivement la « Traurigteam», ''l'équipe-triste''.

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