AVEC L'ESPRIT DE WEMBLEY
Par Nathan FRANCHI
LA BONNE FORMULE
Les Croates ont prouvé lors des éliminatoires qu'ils étaient des compétiteurs : déjà qualifiés, ils sont allés dominer l'Angleterre à Wembley (3-2) lors de la dernière journée, condamnant ainsi les sujets de Sa Majesté à une vision exclusivement cathodique de l'épreuve. Un exploit souligné par une déclaration - fracassante - de coach Bilic : « Nous sommes très bons » . S'il le dit. Bilic, propulsé à 37 ans seulement à la tête de l'équipe nationale, applique une formule bien plus vieille que lui. Une formule qui fonctionne : expérience derrière, jeunesse et créativité devant : Les frères Kovac, Robert et Niko (34 et 36ans), ou Dario Simic (32ans), ont joué dans les plus grands clubs européens et restent la garantie d'une certaine solidité. Pas toujours glamour, mais furieusement organisée, la Croatie possède, comme toujours, des joueurs techniquement au dessus du lot, à l'image de Niko Kranjcar ou Luka Modric (voir plus haut).
LA BONNE QUESTION
La Croatie peut-elle se hisser au plus niveau ? Briller en qualifications, c'est bien. En phase finale, c'est mieux. En 2006 déjà , la Croatie avait terminé en tête de son groupe lors des éliminatoires de la coupe du monde, devant la Suède qu'elle avait battue deux fois (1-0, 1-0) sur coups de pied arrêtés (coup-franc de Srna à Göteborg, penalty de Srna à Zagreb). Mais l'équipe, alors dirigée par Zlatko Kranjcar -le père de l'actuel numéro dix-, n'avait pas confirmé ce beau parcours en phase finale : une défaite sans honte face à un Brésil sans panache (0-1), suivie de deux nuls peu glorieux concédés au Japon (0-0) et à l'Australie (2-2).
LA MAUVAISE NOUVELLE
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. Surtout l'attaque. Le grand absent de cet Euro côté Croate se nomme bien sûr Eduardo. L'attaquant, né à Rio de Janeiro, a connu une ascension fulgurante depuis deux ans : 54 buts en 58 matches de championnat croate sous les couleurs du Dinamo Zagreb ont convaincu Arsène Wenger d'en faire l'un de ses canonniers. Eduardo s'était également imposé comme le "serial" buteur de la sélection, successeur désigné du légendaire Davor Suker. Il a trouvé les filets adverses à dix reprises. Seul David Healy (Irlande du Nord) a fait mieux avec 13 réalisations. Une ascension brisée en février dernier lorsque Martin Taylor, obscur défenseur de Birmingham, s'élança crampons en avant sur le tibia de l'attaquant. Verdict : double fracture. Et dix mois, au bas mot, loin des terrains.
Plutôt adroit, Mladen Petric (7 buts en éliminatoires) n'a peut-être pas les épaules pour supporter seul le poids d'une compétition majeure. Aussi, le soutien d'Olic et le retour de Klasnic seront déterminants. Ecarté des terrains pendant plus d'un an suite à deux greffes d'un rein, l'ancien compère de Johan Micoud à Brême a retrouvé les terrains (11 matches et 6 buts à ce jour en bundesliga) « J'ai travaillé très dur pour revenir, et je veux faire mon retour dans le groupe. Je n'ai pas peur. Si j'ai la chance de jouer, super. Sinon c'est OK. Je n'en voudrai à personne. Le coach m'a rappelé, c'est ça le plus important. » Une qualification pour les quarts de finale le serait tout autant.














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