LA SUISSE AVANCE MASQUÉE
Par Bruno RODRIGUES

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A quelques semaines du coup d'envoi de "son" Euro, la Suisse n'a peut-être jamais été aussi proche du néant. La faute à une attaque toujours aussi peu fertile, mais surtout, fait nouveau, à une défense devenue subitement plus que perméable. La seule absence du Lyonnais Patrick Müller, indisponible depuis la fin de l'été 2007, semble avoir totalement déstabilisé une organisation en zone qui avait pourtant fait ses preuves jusque-là . La ''Nati'' avait d'ailleurs réussi l'exploit de sortir de la Coupe du monde 2006, en huitièmes de finale, sans avoir encaissé le moindre but en quatre matches. Depuis, même si les Senderos, Magnin, ou autre Degen sont toujours là , même si le gardien Diego Benaglio, qui a pris la place du vieillissant Pascal Zuberbühler, donne entière satisfaction, le bateau prend l'eau de toute part.
Le récent 4-0 infligé par l'Allemagne, à Bâle, a montré les très grandes limites actuelles de la sélection helvète. Que ce soit Johan Djourou ou Mario Eggimann, aucun des deux n'a réussi à faire oublier Müller en défense centrale. Kobi Kühn, le sélectionneur depuis 2001, qui laissera sa place à l'actuel coach du Bayern, Ottmar Hitzfeld, à l'issue du tournoi, éprouve tout autant de difficultés à trouver un buteur capable de faire la décision à la pointe de son habituel 4-2-3-1. Alexander Frei, l'attaquant du Borussia Dortmund, n'a quasiment pas joué de la saison à cause d'une vilaine blessure au genou. Marco Streller (Bâle) et Blaise N'kufo (86 buts en 160 matches de championnat néerlandais sous le maillot de Twente) ont beau briller en club, ils n'ont rien montré de transcendant en sélection. Résultat, la ''Nati'' reste sur quatre revers consécutifs (dont trois sans inscrire le moindre but), ce qui ne lui était plus arrivé depuis plus de vingt-huit ans. La grave blessure de Xavier Margairaz, au mois de février dernier, fut un coup dur terrible pour le staff, qui semble ne pas avoir trouvé de solution pour remplacer le joueur d'Osasuna. Il était devenu titulaire incontestable dans un rôle d'attaquant de soutien.
Des raisons d'y croire
Malgré ce lot d'incertitudes, la sélection helvète compte bien jouer jusqu'au bout son rôle de trouble-fête et faire taire les sceptiques qui la voient rendre les armes dès le premier tour. Après tout, la magie de la compétition, qui plus est à domicile, après deux longues années de matches amicaux, pourrait bien opérer et donner des ailes à un groupe qui manque certainement plus de confiance que de qualités intrinsèques. Surtout que Patrick Müller et Alexander Frei, bien que très incertains, n'ont toujours pas renoncé. Leur présence, même sans être au top de leur forme, aurait un effet non négligeable sur le moral et la confiance d'une équipe qui participera, pour la première fois de son histoire, et avec le même coach, à deux Euros consécutifs. Même si elle n'a encore jamais gagné le moindre match dans la compétition, Köbi Kuhn, qui a pris le risque d'écarter l'ancien Milanais Johan Vogel, veut volontairement viser loin. « Nous voulons atteindre les quarts de finale,annonce-t-il fièrement. Bien sûr, ce ne sera pas facile, mais c'est notre but». S'il l'atteint, il sera alors grand temps pour lui de faire place à son successeur annoncé, et de quitter les lieux avec le sentiment du devoir accompli.


















