LES NOUVEAUX DIEUX GRECS
Par Cédric Rouquette, à Lisbonne

Antonios
NIKOPOLIDIS. Le très grand gardien grec (1,99 mètre) n'a jamais eu les bras tremblotants dans les moments importants. A 30 ans, il a dégagé jusqu'au bout une grande sérénité qui a contribué à la constante lucidité de sa défense. Pas spectaculaire mais efficace, à l'image de son équipe. Le plus étonnant, c'est qu'il ne joue plus au Panathinaïkos depuis six mois en raison d'un désaccord avec ses dirigeants.
Yourkas
SEITARIDIS. Il n'a manqué aucune minute de cet Euro. Il fut un latéral droit de devoir irréprochable, évoluant souvent comme un second stoppeur : Henry, Baros et Figo l'ont appris à leurs dépens. Il a également provoqué le penalty du match d'ouverture contre le Portugal (2-1), donnant à Rehhagel un argument définitif pour réfuter l'idée que son équipe était défensive. Jeune (23 ans), il rejoint une autre équipe championne d'Europe : le FC Porto.
Milhais
KAPSIS. Le cauchemar des attaquants de pointe. Ce pur stoppeur a muselé tour à tour Morientes, Trezeguet, Koller et Pauleta. Contre le géant tchèque, auquel il rendait 20 centimètres, il a défendu devant son attaquant et réalisé une performance exceptionnelle. Indispensable. Malgré ses trente ans, il n'avait que 7 sélections en arrivant l'Euro.
Traianos
DELLAS. L'un des leaders de la sélection grecque, comme un capitaine sans brassard. Dernier défenseur, il a évolué comme un libero à l'ancienne et fait profiter les siens de sa très bonne lecture du jeu. Sa tête en demi-finale contre la République tchèque a assommé la meilleure équipe du tournoi. Mais il serait loin d'être un héros national sur la foi de sa seule performance contre la Russie (1-2), qui faillit coûter très cher. Lui aussi a fait un carton plein avec 555 minutes de jeu. Il espère que Prandelli, futur entraîneur de l'AS Roma, a attentivement suivi l'Euro. Les départs de Samuel et Zebina lui ouvrent un espace aux côtés de Chivu. Ou Mexès ?
Takis
FYSSAS. Il peut transformer en danger permanent la moindre miette. Titularisé cinq fois sur six à gauche de la défense, il a fait son travail avec énergie et souvent porté le danger dans le camp adverse. Contre la France, ce sont ses centres qui, en début de rencontre, ont fait comprendre que la soirée serait difficile. Il retrouvera le Stade de la Luz très bientôt puisqu'il joue au Benfica, où il était remplaçant la saison dernière. Vu son volume de jeu, cela paraît aberrant.
Costas
KATSOURANIS. Il n'a pas débuté le match d'ouverture contre le Portugal (2-1), a remplacé Karagounis à la pause, puis n'est plus sorti de l'équipe, pas même pour céder sa place en cours de match. Milieu très défensif, chargé du meneur adverse, son travail au marquage fut très précieux. Raul, Deco et Zidane en savent quelque chose. Une révélation, si ce n'est LA révélation du tournoi. Il n'est peut-être plus à l'AEK Athènes pour longtemps.
Angelos
BASINAS. En transformant le penalty du 2-0 contre le Portugal, il est celui qui a donné une consistance au pari fou de l'équipe de Rehhagel. Pour le reste, son jeu très sobre, qui le rend précieux dans la conservation du ballon, ne lui a cependant permis de disputer «que» 333 minutes, plombées par 43 minutes catastrophiques face à la Russie. Son statut avant le tournoi (41 sélections) pouvait pourtant rendre incontournable ce leader du Panathinaïkos.
Theodoros
ZAGORAKIS. Capitaine, milieu axial, véritable patron de l'entrejeu, il a réalisé un Euro très accompli. Le doyen de la sélection (32 ans), s'est démultiplié entre l'axe et le côté droit pour donner le tempo d'une équipe grecque qui a passé son temps à contenir le rythme imprimé par des adversaires plus techniques. Son travail de marquage, notamment sur Pires, a épuisé plus d'un adversaire. Il a égalé Efstratios Apostolakis au nombre de sélections (95). Sans lui, l'équipe ne serait pas la même. Désigné meilleur joueur de l'Euro par l'UEFA, sa splendide louche en finale, éliminant deux défenseurs (65e), a rendu plus spectaculaire le succès grec.
Giorgios
KARAGOUNIS. Le milieu de l'Inter, qui avait commencé à faire son trou ce printemps, a réalisé un exploit dans l'exploit : en récoltant quatre cartons jaunes en quatre matches, il a été suspendu pour Grèce-Russie et surtout pour la finale contre le Portugal. Ses 292 minutes, sur le côté gauche ou dans l'axe, resteront cependant très abouties. L'histoire retiendra qu'il a inscrit le premier des sept buts de la Grèce, d'une frappe lointaine à ras du poteau de Ricardo.
Zisis
VRYZAS. Pour un attaquant dont le gabarit ne lui permet pas d'aller vite (1,88 mètre, 88 kilos), il a accompli un tournoi très complet, conclu par une belle finale. Buteur face à la Russie (1-2), la Grèce n'aurait pas passé le premier tour sans son réalisme. En demi et surtout en finale - il était suspendu contre la France - son travail de sape dos au but et sa bonne conservation du ballon ont fait de lui un point d'ancrage très actif, au même titre que Charisteas. Il jouait en Série B italienne cette saison (Fiorentina) après avoir ciré le banc à Pérouse !
Angelos
CHARISTEAS. Deux têtes ultra-précieuses à l'heure de jeu contre la France en quart (1-0) et le Portugal en finale (1-0) ont concrétisé tous les efforts de son équipe. En pointe ou à droite, l'ami de Micoud au Werder Brême - il lui a dédié son but contre les Bleus en écrivant son nom sur son tee-shirt ! - fait partie de ces expatriés qui n'ont pas été épuisés par leur temps de jeu cette saison. Avec 3 buts, il est le meilleur buteur des champions d'Europe, comme il avait été le plus prolifique de la campagne éliminatoire (3 buts aussi).
Stelios
GIANNAKOPOULOS. La suspension de Karagounis lui a permis de débuter la finale. A gauche, il n'a pas détoné au milieu d'une équipe accrocheuse, blessant au passage Miguel aux côtes, mais il regrettera longtemps la blessure au mollet qui a ralenti son tournoi, car il était titulaire lors du match d'ouverture. Total : 215 minutes.
Vassilias
TSARTIAS. Il est sans doute le champion d'Europe le moins euphorique. A 31 ans, son expérience et sa grande activité au cours des qualifications lui promettaient une place de titulaire dans une position de milieu axial offensif, au coeur d'un 5-3-2. Mais il a fait les frais de l'émergence de Katsouranis et Karagounis, même s'il a disputé l'intégralité de la demi-finale en profitant de la suspension de Vrysas.
Demis
NIKOLAIDIS. Avec 17 buts en 50 sélections avant l'Euro, l'attaquant de l'Atletico Madrid était le plus exposé des joueurs grecs. Mais une blessure au dos et le bilan de ses équipiers a réduit son tournoi à 147 minutes de jeu, essentiellement au premier tour. A 30 ans, il doit maintenant stopper sa carrière pour prendre la présidence de l'AEK Athènes. Une tâche autrement plus difficile dans un Championnat gangréné par l'incompétence de ses dirigeants selon Dellas lui-même.














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