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EURO 2004

DEMI-FINALES

2003-2004
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PAULETA COURT TOUJOURS
Par Cédric Rouquette, à Lisbonne

L'avant-centre de la Selecçao, titulaire pour la quatrième fois en cinq matches, a cherché à inscrire son premier but, en demi-finale contre les Pays-Bas (2-1). Mais trois occasions se sont dérobées sous ses pieds, alors qu'il pouvait devenir le héros de la soirée.
Pedro Miguel Pauleta. (L'Equipe)
 
Pedro Miguel Pauleta. (L'Equipe)

Tous les entraîneurs du monde savent que rien n'est plus précieux et plus fragile que la confiance d'un attaquant. Pedro Miguel Pauleta fait partie de ces avant-centres capables d'inscrire des doublés salvateurs les soirs les plus rudes, ou de perdre une bonne partie de ses importants moyens quand le doute l'atteint. Malheureusement pour l'attaquant du Paris-Saint-Germain, il se situe actuellement dans une phase qui ressemble à la deuxième hypothèse. Très régulier avec Bordeaux entre 2000 et 2003, le joueur des Açores a été un choix fort du sélectionneur brésilien dès sa prise de fonction, fin 2002. Mais depuis le début de l'Euro, Pauleta court après son premier but, dans une compétition où cinq remplaçants portugais ont trouvé le chemin des filets, où même le milieu défensif Maniche a frappé à deux reprises.

Nuno Gomes a, lui aussi, ouvert son compteur. L'idole de l'Euro 2000 avait décomplexé son équipe lors du huitième de finale virtuel contre l'Espagne (1-0), après avoir remplacé l'ancien meilleur buteur de L1. Suspendu, Pauleta avait ensuite manqué le quart de finale contre l'Angleterre. Pubalgie à peine guérie et manque de confiance latent, sa présence ou non face aux Pays-Bas était devenue la seule inconnue du onze de départ de Scolari. Mais le Brésilien a choisi : ce serait Pauleta.

Dans une équipe sûre de sa force et fière de sa mission, il s'est énormément dépensé pour justifier cette confiance. Avant de penser à sortir la patte droite, le n°9 portugais n'a jamais hésité à courir tel un milieu défensif pour couper les relances néerlandaises, allant jusqu'à tacler à 70 mètres de son but ! Malgré son rôle de pure pointe dans un 4-2-3-1 désormais rôdé, il s'est aussi beaucoup retrouvé sur les côtés pour servir de point d'appui à la vitesse de Ronaldo ou Figo. Au rayon du travail obscur, Pauleta eut aussi le mérite d'attirer à lui souvent plus de défenseurs qu'il n'en fallait pour le surveiller. Stam à tous les coups - avec une différence de gabarit qu'il n'a jamais surmonté - Bouma parfois, un troisième sur les ballons les plus chauds. Cela n'a cependant débouché sur rien de concret, les deux buts étant issus de corners convertis par Cristiano Ronaldo puis Maniche.

Ce que le Parisien retiendra d'ici à la finale, ce sont ses trois actions avortées alors que les supporters de la Selecçao s'étaient déjà levés de leur siège. La première a beaucoup dû au jaillissement de Bouma dans ses pieds, sur un centre que Figo avait transmis dans le bon tempo (24e). Toujours en première période, Pauleta s'est retrouvé en position très favorable après un beau jeu de passes entre Deco et Maniche, mais Van der Sar s'est brillamment interposé et n'a laissé la place qu'à peu de regrets (35e). La troisième en revanche, la plus grosse, celle sans laquelle personne n'aurait dit, dans les tribunes, que «le Portugal serait champion du monde avec Van Nistelrooy», le Parisien en aurait longtemps payé le prix sans la qualification du Portugal. Sur un contre, lancé en profondeur, il a eu un temps d'avance sur le gardien néerlandais. Pauleta a ensuite frappé devant lui. Mais Van der Sar n'a pas eu à se coucher pour stopper le ballon (54e).

Figo, avec qui Pauleta a de vraies affinités dans le jeu, est alors venu le réconforter. Mais le ressort a semblé cassé. Scolari lui a reproché un pressing mal assuré sur une relance orange. Pauleta a participé à la liesse générale après le 2-0 de Maniche, et Costinha a saisi l'occasion pour tenter de relancer son buteur en serrant les poings. Mais le remède n'a pas eu le temps de faire son effet. Pauleta a été remplacé par Nuno Gomes à la 70e minute. Collectif jusqu'au bout des pieds, il a gagné les secondes qu'il fallait, en retrouvant le banc très, très lentement, puis en s'enlaçant longuement avec son remplaçant. Pauleta n'a toujours pas trouvé le chemin des filets en 261 minutes, laissant à d'autres les 8 buts de son équipe. Son acte de bravoure reste toujours d'avoir provoqué l'expulsion du gardien russe au deuxième match (2-0). Il lui en faudrait plus. Avant la finale, Pauleta est toujours en chasse.

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