LA MEILLEURE ÉQUIPE L'A EMPORTÉ

Dans l'ensemble, on a eu le match qu'on attendait. Hormis lors des quinze premières minutes où elle a donné l'impression d'être contractée contre une équipe d'Allemagne très pressante et qui monopolisait le ballon, l'Espagne a dominé en permanence. Y compris lorsqu'elle a été obligée de reculer un petit peu. Elle a su faire preuve de grosses qualités techniques et collectives. Elle a été constante durant tout le match, ce qui montre bien qu'on peut gagner une grosse compétition sans forcément avoir des joueurs qui mesurent deux mètres de haut. Il suffit d'avoir des bons joueurs de football. En définitive, c'est la meilleure équipe qui a remporté le tournoi.
La Seleccion avait une philosophie de jeu et elle s'y est tenue. La grande différence avec les autres équipes d'Espagne, c'est que des joueurs comme Casillas et Ramos sont arrivés à maturité maintenant. Les Espagnols ont rééquilibré le milieu de terrain - avec le placement de Senna notamment - et, quand ils perdent le ballon, ils sont beaucoup moins en difficulté que par le passé. Et plus ils sont solides derrière et au milieu, plus ils récupèrent vite le ballon et plus ils deviennent injouables. Dans des pays comme l'Espagne, où il y a de grandes rivalités régionales, il faut de fortes personnalités à la tête de la sélection. Aragones peut avoit beaucoup des défauts, c'est quand même un homme très intelligent avec beaucoup d'expérience et un énorme caractère. Il a été capable de dire m... à certains quand il le fallait et il a bien fait ! Il a pris les meilleurs éléments comme par exemple Villa et Silva, deux joueurs d'un club comme Valence, qui a lutté jusqu'au bout en Liga pour son maintien. Bien lui en a pris d'autant que Villa a fini meilleur buteur et Silva est pour moi la révélation du tournoi.
Avant cette finale, on avait dit que l'Allemagne avait presque intérêt à ne pas avoir le ballon. On a bien vu que lorsqu'elle l'avait, ses joueurs partaient de bien trop loin pour pouvoir inquiéter Iker Casillas. L'entrée d'un deuxième attaquant a été une bonne idée, mais ils auraient dû jouer de manière plus directe, en sautant les milieux de terrain espagnols. Ils ont joué de manière contre-nature en essayant de beaucoup construire alors que ce n'est pas de leurs habitudes. Ils ont été contrés en permanence au milieu et notamment par Marcos Senna qui a une nouvelle fois été rayonnant. Ils se sont retrouvés à procéder par contres et à courir après le ballon.
Cette tactique a parfaitement convenu au style de jeu de l'Espagne. Les Allemands se sont retrouvés épuisés avant même d'attaquer. Au final, c'est aussi une belle récompense pour elle et Fernando Torres. Jusqu'à maintenant, l'attaquant de Liverpool avait été un peu en-dedans. Mais on sentait bien que dans cette configuration de jeu, où il évoluait seul en pointe, il pouvait être un joueur clef de cette finale. Il l'a été. Durant toute la rencontre, il s'est révélé comme une menace permanente pour les défenseurs allemands. C'est bien pour lui et son pays d'avoir marqué.














 L'avis d'Angel Marcos en vidéo





