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EQUIPE DE FRANCE

ENTRETIEN AVEC RAYMOND DOMENECH (1/2)

Espagne - France (mercred)
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« 2000, C'ÉTAIT UN MIRACLE »
Par Cédric ROUQUETTE

Second volet de notre entretien avec Raymond Domenech, avant la rentrée de l'équipe de France mercredi en Espagne. Nous avons voulu savoir si le sélectionneur entendait susciter une évolution du jeu des Bleus vers quelque chose de plus offensif, dans le sillage de l'éclosion de Benzema et Nasri, comme un écho à ce qui s'était passé entre 1998 et 2000. Sa réponse : restons réalistes. Discussion.
Dans les couloirs du siège de la FFF, Raymond Domenech attend de retrouver le terrain. (L'Equipe)
 
Dans les couloirs du siège de la FFF, Raymond Domenech attend de retrouver le terrain. (L'Equipe)

« Raymond Domenech, lorsque nous vous avions laissé à Kiev, après Ukraine - France, c'était sur ce constat qui ne vous ''faisait pas plaisir''. Celui des quatre buts encaissés en deux matches...
(Il interrompt)On a marqué quatre buts !

Personne ne doutait que vous pouviez marquer autant de buts. En encaisser quatre était plus inhabituel. Comment l'analysez-vous?
Les deux matches sont symboliques de ce qui se passe dans une équipe qui se relâche, qui (il cherche ses mots)joue pour jouer. France - Maroc et Ukraine - France étaient des matches particuliers. Ça ne me paraît pas anormal de vouloir faire un peu plus dans ces cas-là. Donc on se met en danger, car il y a moins de rigueur, moins d'organisation, de respect du collectif. On ouvre un peu plus les portes à l'adversaire. Ce sont des choses dont on doit être conscient. On va reprendre tout ça, car le relâchement est toujours préjudiciable dans la phase défensive.

Pourquoi a-t-elle ''joué pour jouer''?
Je ne sais pas si c'est l'expression la plus adaptée. L'équipe a subi par moments. Le premier match était amical. Le deuxième ne servait plus à rien. Je comprends. Même nous, à l'intérieur du staff, on l'a eu, ce relâchement.

Quel rapport avec le fait que vous avez plus de talents offensifs qu'avant?
(Etonné)Il y en avait quelques-uns aussi à la Coupe du monde 2006. Zidane, Henry, Ribéry, c'est moins talentueux que Benzema, Ben Arfa et Nasri ?

Zidane est parti. Ceux que vous citez s'ajoutent à Henry et Ribéry. Et Anelka s'est sacrément affirmé dans l'intervalle.
Il y a plus de joueurs dans le groupe, mais pas plus sur le terrain en même temps. Et je regrette, la base dans une grande compétition, c'est la solidité de l'équipe. Tous les autres, ceux qui tablent sur ''sabre au clair à l'abordage, on sera les plus beaux et les plus forts'', ça ne marche pas. Sauf le Brésil quand il y a une génération exceptionnelle.

Pour être clair : ça ne fait pas partie de votre programme, avant l'Euro, d'accompagner une transformation de l'identité de jeu de l'équipe vers quelque chose de plus offensif.
L'équipe a toujours joué devant quand elle l'a pu. Quand elle ne peut pas, elle défend.

Bien sûr. Mais il n'y aura pas d'évolution entre 2006 et 2008, comme celle enregistrée entre 1998 et 2000 par exemple?
Comment ça, plus offensive en 2000 ? En 2000, tous les matches étaient des miracles. Ils ont joué pareil. Leur solidité a fait que la chance a basculé de leur côté. Quelle différence entre les deux équipes ? Anelka !

Henry n'était pas exactement le même joueur, Zidane non plus. Les deux s'étaient encore affirmés.
Ils sont tous meilleurs en 2000, mais ce n'est pas ça qui fait évoluer le jeu de l'équipe. Ils n'ont pas marqué plus de buts à l'Euro 2000 qu'à la Coupe du monde 1998. Parlons de la finale contre l'Italie. Tu es mené 1-0 et tu marques à la dernière se-con-de. Il n'y a rien de plus ! Les circonstances ont fait qu'il (Roger Lemerre)a fait rentrer des attaquants pour terminer avec une équipe très offensive. Mais la démarche est la même que ce qu'on a fait contre la Lituanie (2-0, en octobre à Nantes).J'avais fait renter Ben Arfa et fait sortir Diarra. On avait trois défenseurs. Ça suffisait pour un attaquant... Mais avant ce changement, nous avions eu cinq, six, sept occasions de but.

C'est exactement le sens de la question : cette équipe-là a produit beaucoup plus de jeu et de mouvements qu'en 2006. N'est-elle pas destinée à être plus offensive?
Nous étions comme avant. Nous étions même peut-être moins offensifs que contre l'Ecosse (0-1). On colporte l'idée que l'équipe est défensive parce que je dis que la solidité c'est la base.

Mais on peut faire des choix de jeu précis qui n'empêchent pas l'équipe d'être solide. Prenons le Barcelone de 2006. C'était une équipe offensive et solide. Mais elle choisissait sa façon d'être solide : en pressant l'équipe adverse à quarante mètres de son but et en faisant circuler le ballon.
On ne décide pas de jouer dans les quarante mètres adverses. C'est l'adversaire qui le permet. Ou alors, ce sont tes qualités techniques qui te permettent de le faire. Moi j'aime bien, quand les équipes adverses déclenchent le pressing contre nous. Surtout à quarante mètres. J'aime autant le souligner : j'aimerais bien.

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