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COUPE DE LA LIGUE

Finale

2006-2007
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BORDEAUX PLUS RÉALISTE
Par David MICHEL (au Stade de France)

Lyon a perdu la Coupe de la Ligue à la dernière minute (1-0) samedi au Stade de France sur l'une des rares actions de Bordelais très défensifs. Les Girondins sont déjà qualifiés pour la prochaine Coupe de l'UEFA. Pour Lyon, déjà marqué par la désillusion en Ligue des champions, il ne reste plus que le Championnat qui lui tend tout de même les bras.
 
Le brésilien Henrique a du mal y croire. Sa tête a pourtant trouvé le chemin des filets. (L'Equipe)

Une victoire "à la Lyonnaise"

Lyon avait hâte de sortir de l'hiver le plus douloureux de sa récente histoire pour s'offrir un début de printemps plus conforme à ses ambitions avec cette finale de Coupe de la Ligue censée redonner le moral aux troupes et de l'épaisseur au palmarès du club. Trois semaines et demie après sa grande désillusion vécue en Ligue des champions contre la Roma (0-0, 0-2), les Lyonnais ne sont toujours pas sortis du long tunnel qui doit tout de même les mener à un sixième sacre hexagonal. Bordeaux est passé par là. Loin d'être favoris, les Girondins ont créé une petite surprise en battant le despotique leader de la L1 (1-0) pour la deuxième fois de la saison après leur victoire en Championnat, fin janvier, à Gerland (2-1). Pour sa quatrième finale, le club au Scapulaire a enlevé au finish son deuxième trophée dans cette compétition après celui glané en 2002. Alors que la partie s'était enfin équilibrée en milieu de seconde période après la sortie sur blessure de Juninho, les Bordelais ont fini le match à la «Lyonnaise» avec un but dans les dernières secondes, l'oeuvre du défenseur brésilien Henrique. Sur un corner de Micoud, le compatriote de Ricardo a sauté plus haut que Cris et devancé Vercoutre (89e). Un but assassin en forme de nouveau cauchemar pour l'équipe de Gérard Houllier.

Malgré une préparation tronquée en raison de la trêve internationale, Lyon avait les crocs. Les Gones sont bien entrés dans la partie et ont copieusement dominé le premier acte. Govou (4e), Abidal (11e) et Toulalan (16e) ne se sont pas gênés pour sonner la charge sur le but de Ramé, à chaque fois impeccable. Le capitaine des «Marine et blanc» a sauvé son camp en fin de période sur deux coup francs cadrés du maître Juninho (44e et 45e). Dès lors, il ne fallait pas avoir un grand talent de visionnaire pour savoir que les Bordelais allaient souffrir et que leur champ de manoeuvre serait très étroit. Pendant longtemps, les Girondins n'ont pas eu le choix. Ils ont courbé l'échine et fait ce qu'il savent faire le mieux, à savoir bien défendre et aspirer l'adversaire pour placer des contres meurtriers. Des contres, il y en a bien eu quelques uns mais aucun n'a été poussé assez loin pour réveiller le pauvre Rémi Vercoutre de sa grande somnolence. Et face à la vitesse et aux mouvements lyonnais, les Bordelais n'ont souvent pu répliquer que par un jeu et des gestes rigoureux, sanctionnés par deux cartons jaunes (Micoud et Chamakh).

Henrique n'a pas toujours eu la confiance de Ricardo

Disposés en 4-2-3-1 au retour des vestiaires après la sortie de Chamakh, les hommes de Ricardo ont tenu la dragée haute dans un style conforme à celui de la saison dernière qui lui avait permis de finir juste derrière Lyon. La seconde période, peu d'intensité mais une tension de plus en plus palpable. Fred et Jurietti ont joué les excités avec une petite gifle du premier (64e) et un coup de coude du second (66e). C'est à l'heure de jeu que Bordeaux est enfin sorti de son trou avec une première occasion qui a d'ailleurs bien failli faire mouche. Faubert a fait passer un frisson dans les travées du Stade de France avec une frappe qui a rasé le poteau droit de Vercoutre (60e). Les sorties de Juninho et Fred n'ont pas arrangé les affaires des Lyonnais, incapables de forcer le verrou girondin, fermé à double tour. Et sur sa deuxième véritable occasion, Bordeaux a fait preuve d'un réalisme ahurissant. Pas toujours titulaire et délaissé pendant trois mois par son entraîneur, Henrique s'est mué en héros quelques secondes avant la fin du temps réglementaire. Le plan de Ricardo a fonctionné à merveille. Au coup de sifflet, le manager Brésilien était aux anges, il venait de gagner son pari et de remporter sa deuxième Coupe de la Ligue après celle de 1998 avec le PSG.

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