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William Ayache en "bleu", en 1985. (L'Equipe)
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- Didier Six
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AYACHE : «LA COUPE DU MONDE, UN RÊVE DE GAMIN»
Par Lionel ABBO
A l'occasion des cent ans de l'équipe de France, des personnalités du football (anciens internationaux, entraîneurs, journalistes) apportent leur regard et leur sentiment sur ce siècle en Bleu. Aujourd'hui, William Ayache, ancien international.
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«Vous souvenez vous de votre premier match en équipe de France ?
C'était France Espagne, le 5 octobre 1983. Nous avions fait match nul. Mais Michel Hidalgo m'avait alors retenu parce qu'il y avait une hécatombe de blessés. Je n'avais aucun espoir pour l'Euro de 84. J'étais encore trop jeune, et l'équipe en place était très performante.
Vous n'aviez pas joué l'Euro mais les Jeux Olympiques.
C'est mon plus beau souvenir de footballeur. Nous étions une bande de copains. Il n'y avait pas de stars, comme dans l'équipe A. Sénac, Thouvenel, Touré, Brisson. C'était notre Coupe du monde à nous.
Le football est il une discipline olympique majeure ?
Bien sûr que non. Les caméras n'étaient pas braqué sur nous, mais sur l'athlétisme. Nous avons passé la compétition dans l'anonymat le plus total. Et nous étions comme tous les spectateurs : nous passions nos journées au Colyseum pour suivre la «vraie» compétition, notamment les athlètes français.
Quel a été l'accueil des autres sportifs français ?
Quand on est arrivé au village olympique, ils étaient un peu froids. On ne se prenait pas au sérieux, alors qu'eux se préparaient pour cet évènement depuis plus d'un an. Ensuite, les choses se sont arrangées. Nous faisions un beau parcours, alors ils venaient suivre nos matches au stade.
Qu'est ce que ça fait de remporter une médaille d'or ?
C'est indescriptible. Les Jeux Olympiques, c'est à part. On a l'impression de toucher à l'essence du sport. Et puis, notre victoire était une surprise, même si les Bleus venaient de remporter l'Euro.
Vous avez tout de même participé à la Coupe du Monde en 86.
La Coupe du monde, c'est un rêve de gamin, y participer est l'accomplissement d'une carrière de footballeur. Mais en 86, nous avions la pression. Après notre titre de champion d'Europe, nous étions les favoris. Tout le monde pensait qu'on irait au bout.
Que vous a-t-il manqué pour remporter la victoire contre l'Allemagne ?
C'est une somme de détails. La veille du match, il avait plu toute la nuit, la pelouse était très grasse, ce qui favorisait le jeu des allemands. Ils avaient une équipe très performante. Bossis rate une occasion énorme pendant le match. Le genre qu'il n'aurait jamais raté s'il avait été dans une bonne condition physique. Il faut dire la vérité : dès le début du match, j'ai senti qu'on avait les jambes en coton. Et puis, on y a sûrement trop cru après le Brésil.
Vous étiez suspendu contre le Brésil.
Et oui, j'ai raté le match qu'il fallait absolument jouer ! J'étais dans les tribunes, comme un gosse. C'était un après midi chaud, l'ambiance était brésilienne. Tout le stade était jaune et vert. Je me souviens de la joie de l'après match dans les vestiaires. Tigana chantait. Il y avait des accolades, des embrassades. C'était le match de leur vie. Ils ont tout laissé sur le terrain. Il ne restait plus rien pour la suite de la compétition.»

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