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24/05/2007

Foot - C1 - Ancelotti : «C'était une utopie»

C'est une tradition que les médias transalpins appliquent à Berlin après une finale de Coupe du monde, comme à Athènes après un succès en Ligue des champions. Carlo Ancelotti, quand il se présente en salle de presse, reçoit des applaudissements nourris, tel un artiste en représentation. Désormais à la tête de quatre C1 (deux en tant que joueur, deux en tant qu'entraîneur), le coach transalpin considère la victoire contre Liverpool (2-1) comme la plus belle de sa carrière et assure que son lien avec le maillot rouge et noir est quasiment éternel.


«Carlo Ancelotti, comment analysez-vous cette victoire ?

Ce fut un match difficile. On s'y attendait. Peut-être pas à ce point. Liverpool a attaqué le match très fort. L'équipe adverse ne nous a pas laissé jouer comme on le voulait. Il y avait une très forte pression sur le milieu, ce qui nous a empêché de faire circuler des ballons vers Kakà, comme nous le voulions. Nous n'avions pas assez d'espace. Mais on s'en est sorti. Contre ce football si agressif, il fallait savoir se défendre. Le premier but a eu un impact considérable sur le plan mental. Jusque-là, nous avions eu très peu d'occasions. Le fait d'avoir ouvert la marque nous a donné de la confiance, et on a mieux joué en seconde période.


Sur le plan tactique, où se situaient les différences avec la finale d'Istanbul ?

C'est que nous avons beaucoup plus contrôlé notre jeu, de la première à la dernière minute. Comme je l'avais dit il y a quelques jours, il arrive qu'on veuille jouer d'une certaine façon, et que la situation vous oblige à vous adapter. Istanbul était un match plus ouvert à partir du moment où nous avons marqué le premier but très tôt (51e seconde). Il est ensuite devenu beaucoup plus fou.


Avant la finale, vous aviez prévenu que ce match serait plus difficile que la demi-finale retour contre Manchester (3-0). Pourquoi ?

Le match de Manchester a été le résultat de deux choses. D'abord, l'équipe était prête à jouer le jeu que nous avions prévu. Ensuite, nous avons eu de la réussite. Liverpool nous a mis plus de pression. Cela a par exemple empêché Seedorf d'avoir le rayonnement que nous souhaitions. Mais cela montre aussi que nous pouvons répondre avec caractère et concentration.


Cette victoire est-elle, sur le plan personnel, une revanche sur la période où les journaux alignaient les noms de vos successeurs potentiels ?

Ces rumeurs ne m'ont pas touché. C'est inhérent au football, cela fait partie de mon métier. Quand ça ne marche pas pour l'équipe, on en paie le prix. Mais en réalité je ne me suis jamais senti menacé. Si je repense à notre situation du mois de décembre, le fait d'avoir gagné la Ligue des champions est très inattendu. Nous avons récupéré des joueurs importants comme Ambrosini et Nesta. Je suis fier que nous ayons surmonté tant de difficultés.


A votre tour, vous êtes annoncé en Espagne...

Ma valeur sur le marché va s'accroître avec ce titre, si je peux parler ainsi, mais ma relation avec Milan est très forte. Le nombre de trophées que j'ai gagnés avec cette équipe parle de lui-même (deux C1 en tant que joueur, deux comme entraîneur). J'appartiens à ce club.


A quel moment de la saison s'est déclenché le fait que Milan soit candidat à cette victoire ?

C'est notre cohésion qui nous a permis d'y arriver. On a voulu oublier tous ces mauvais matches, tout ce qui est arrivé au mois d'août. Par la suite, la victoire à Munich (2-0 en quart de finale retour) a été importante.


Est-elle plus belle que les autres, cette victoire ? Plus importante ?

C'est la plus grande, oui. Peu de gens pensaient qu'on le ferait. Peut-être même que personne n'y croyait. Cette victoire est quelque chose d'extraordinaire. C'était une utopie, mais parfois le fait d'avoir des utopies aide à rendre possible les choses les plus difficiles. On a gagné sans avoir eu les moyens de jouer avec notre propre style. Extraordinaire...


Est-ce une revanche pour le football italien ?

Non, pas une revanche. Il est vrai que le football italien en a beaucoup souffert. Cela lui donnera peut-être encore plus de crédit et de sérénité». - Cé. Ro. (à Athènes)


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