Santos Mirasierra est-il, selon l'expression de son avocat, le premier prisonnier politique de l'histoire du sport ?
| Oui | 60% | |
| Non | 35% | |
| Nsp | 5% |

Fait exceptionnel. En cas d'égalité après 90 minutes entre la République Tchèque et la Turquie, dimanche (20h45), les deux équipes joueraient leur qualification pour les quarts aux tirs-au-but. Elles feront tout pour éviter cette loterie.
La République tchèque n'aime pas la nouveauté. «En 1996, le but en or est instauré et on perd de cette manière contre l'Allemagne en finale. En 2004, l'UEFA invente le but en argent et on se fait sortir par la Grèce à cause de cela en demies. Autant vous dire que je n'aime pas cette nouvelle règle», lâche Karel Brückner. Le sélectionneur tchèque fait référence à l'article 7.08 du règlement du tournoi, qui obligerait son équipe et la Turquie à se départager directement aux tirs-au-but en cas d'égalité dimanche soir (20h45). Tchèques et Turcs possèdent en effet le même nombre de points (3), la même différence de but (-1) et la même attaque (2). La mission de Brückner est donc de décontracter ses joueurs, qui redoutent cette séance fatidique, mais plient également sous le poids du passé. Lors du Mondial 2006, ils avaient déjà gagné leur premier match (contre les USA) avant d'être éliminés en raison de deux défaites (contre le Ghana et l'Italie). Autant dire que c'est le genre de chose qui trotte dans les têtes.
Les Turcs avec le moral et des absents
Côté ottoman, le ton est bien différent. Miraculés de la compétition grâce à un but dans les arrêts de jeu contre la Suisse (2-1), la défaite initiale des joueurs de Terim contre le Portugal (0-2) peut être effacée. Pour cela, il faudra gagner contre les coéquipiers de Petr Cech. «Nous sommes gonflés à bloc», explique leur capitaine Nihat. Un moral au beau fixe donc, ce qui n'est pas pour rassurer Brückner : «La Turquie est très forte techniquement. Son jeu est difficile à lire et elle peut battre tout le monde.» En plus, son gardien Volkan (photo L'Equipe) est un spécialiste des penalties, véritable héros à Fenerbahçe depuis qu'il a tout arrêté lors de la séance fatidique en huitième de finale de la C1 contre Séville. Mais tout n'est pas rose sous le croissant de lune. Emre, Tümer et Gokhän Zan sont quasiment forfait en raison de blessures. Semih, Servet et Boral risquent d'avoir un peu la tête ailleurs : le matin même de la rencontre, ils passeront un examen universitaire de trois heures dans les salons de l'hôtel. Si l'on ajoute à cela le fait que la Turquie n'a jamais participé à une séance de tirs-au-but lors d'une compétition majeure quand la République tchèque a remporté les trois auxquelles elle a pris part (et marqué ses 20 tentatives, dont la Panenka de 1976 !), il ne reste qu'une chose à faire : prier. Vendredi, le président de la fédération a amené les joueurs à la mosquée de Genève pour se recueillir et recevoir les encouragements du muezzin de la ville. - Cyril OLIVES
Les équipes probables :
REPUBLIQUE TCHEQUE : Cech - Grygera, Ujfalusi (cap), Rozehnal, Jankulovski - Galasek, Sionko, Matejovsky, Plasil - Koller, Baros
TURQUIE : Volkan - Ham.Altintop, Emre Asik, Servet, Balta - Tuncay, Aurélio, Arda, Topal - Nihat (cap), Semih

