Santos Mirasierra est-il, selon l'expression de son avocat, le premier prisonnier politique de l'histoire du sport ?
| Oui | 60% | |
| Non | 35% | |
| Nsp | 5% |
Raymond Domenech répète souvent que seul l'avenir l'intéresse, que le passé mérite au mieux d'être médité, au pire d'être oublié. Le sien, il en parle rarement, de peur de jouer au vieux combattant. Son avenir, c'est pire : il ne l'évoque jamais. Il élude toujours la réponse. Alors, à Vienne, où le sélectionneur n'a pas dit grand chose qui semble coïncider avec l'état de délabrement de son équipe, les journalistes ont éludé la question. Domenech aurait dit : «Je m'en fous» ; il l'a déjà fait tant de fois. Il aurait aussi nié l'existence de cette barre des cinq points sur neuf à ramener d'ici le 11 octobre. Qui doute aujourd'hui qu'il lui faut gagner contre la Serbie mercredi et en Roumanie dans un mois pour sauver son poste ?
Interrogé à Vienne sur la possibilité que le coach des Bleus joue sa place mercredi contre la Serbie, Jean-Pierre Escalettes a simplement rappelé : «Raymond Domenech est l'entraîneur de l'équipe de France, il est parti sur un challenge pour qualifier la France, cela a mal commencé, espérons que cela se terminera bien.» «Il était prévu que la reconstruction soit longue, le chemin sera long mais on y arrivera», avait auparavant affirmé le patron de la FFF. Harcelé sur le sujet («Raymond Domenech jouera-t-il sa tête mercredi ?»), il a fini par lâcher: «Pour sa tête, ça ira, on n'est plus à l'époque de la guillotine.» Mais pour son poste, rien n'est moins sûr, est-il permis de comprendre. Interrogés à Clairefontaine dimanche, les joueurs ont nié l'évidence. «C'est plus ma faute que celle du sélectionneur», a lâché Philippe Mexès. «Je ne pense pas qu'il joue sa tête, assure Steve Mandanda. Il a été reconduit récemment donc je ne le pense pas. Il a été le premier à nous dire qu'il y avait un autre match qui arrivait (mercredi soir au Stade de France contre la Serbie). Je ne l'ai pas senti du tout abattu».
Quel que soit le résultat du match contre la Serbie, le conseil fédéral du 12 septembre (vendredi) s'annonce déjà brûlant. Une défaite entraînerait vraisemblablement Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalettes dans le même tourbillon. L'entraîneur ne pourrait plus continuer. Le président, lui, qui doit décider de briguer ou non un nouveau mandat, ne pourrait courir ce risque si l'homme dont il a choisi le maintien devait échouer si violemment. Un nul n'aurait pas de conséquence trop différente, même si les oppositions s'exprimeraient de façon plus feutrée. Une victoire et Domenech pourrait avoir un susis. Pour lui succéder, les noms les plus cités sont les mêmes qu'en juin dernier : Didier Deschamps, Laurent Blanc, Gérard Houllier. S'y ajoute celui d'Alain Boghossian, adjoint de Domenech. Peu de temps après sa nomination, il déclarait : «Didier, Laurent et peut-être moi-même, un jour, nous aurons le profil. Mais chaque chose en son temps.» - Cé. Ro.

