Santos Mirasierra est-il, selon l'expression de son avocat, le premier prisonnier politique de l'histoire du sport ?
| Oui | 60% | |
| Non | 35% | |
| Nsp | 5% |
Franck Ribéry est d'humeur badine, après le nul décroché par les Bleus en Roumanie (2-2). Pendant que Raymond Domenech déambule entre le vestiaire et le bus avec un sourire béat, le téléphone vissé à l'oreille, le revenant munichois tente une blague qui ne lui ressemble pas. «Pas de presse ce soir !». En réalité, il brûle d'envie de tout raconter. Après avoir discipliné un caméraman roumain pénétrant comme un trois-quart centre lancé, l'auteur du premier but se lance goulument dans le récit de son retour en bleu. «Je me sentais super bien...»
«Franck Ribéry, comment avez-vous vécu cette soirée ?
Ce soir, on a eu un début de match très difficile. Être mené 2-0 au bout d'un quart d'heure (NDLR, dix-sept minutes), à l'extérieur, on sait que ça va être dur de revenir, surtout contre la Roumanie qui joue à onze derrière et qui balance devant, sur un terrain pas facile. Le but, peu avant la mi-temps, nous fait du bien. Par la suite, on fait bien circuler le ballon, de droite à gauche, on frappe au but. On a montré qu'on avait un gros mental.
Comment expliquez-vous cette faculté à avoir deux visages si différents ?
On a eu un début catastrophique. Merdique, même. On n'était pas dedans quoi ! Les Roumains nous ont pris très haut, rapidement, on a eu des problèmes sur de longs ballons. Et puis, on s'est mis à jouer un peu. A la mi-temps, on a tous parlé, on savait qu'on allait égaliser et qu'on pouvait gagner ce match. On est quand même content du point pris.
Avez-vous été déstabilisés par l'absence de dernière minute de Vieira ?
On sait qu'il est important dans l'équipe, mais ce genre de chose arrive dans le foot. Ce soir, il manquait Nico (Anelka), il manquait Gallas. On a joué avec Alou Diarra, qui n'a pas l'habitude d'évoluer avec nous, mais qui a fait un gros match. On est tous dans la compétition.
Ce match peut-il aider à l'avenir de Raymond Domenech ?
Je l'espère. On a joué pour nous mais on a aussi joué pour lui. Il ne fallait pas perdre, ça aurait été compliqué pour lui après une défaite, on le savait à 2-0. On espère qu'il sera avec nous par la suite.
Quelles sensations avez-vous eues sur le plan offensif en deuxième mi-temps, notamment avec Gourcuff ?
Je suis content pour lui. A l'entraînement, dans les petits jeux, on s'est vite trouvé. Il est intelligent, il se déplace très bien. Ce n'est pas un gars qui va prendre la profondeur, mais il bouge bien et sait se placer dans les intervalles. Il fait jouer l'équipe. Je m'entends bien avec lui. Comme avec Titi (Henry) et Karim (Benzema). Les latéraux ont aussi beaucoup apporté. En deuxième période, j'ai joué axial avec Titi à gauche et Yoann à droite. C'est quelque chose qui fonctionne. On percute, on bouge. On va chacun à droite, à gauche, derrière l'attaquant. Il y a du mouvement. Si on ne prend pas ces deux buts, on gagne ce soir
Sur le plan personnel, comment vous-êtes vous senti ?
Je me sentais super bien, j'avais du jus, je sentais bien le ballon. J'ai eu un coup de pompe à la fin. Mais je me suis battu pour l'équipe.
Ce point est-il comme une victoire ?
Oui, car les deux buts encaissés sont de notre faute. On aimerait gagner tous les matches mais ce n'est pas évident. Le premier du groupe n'a que six points et nous quatre. On est toujours là .»
Recueilli à Constanta par Cédric ROUQUETTE

