Santos Mirasierra est-il, selon l'expression de son avocat, le premier prisonnier politique de l'histoire du sport ?
| Oui | 60% | |
| Non | 35% | |
| Nsp | 5% |
L'échec à l'Euro n'a pas simplement marqué la fin d'une génération en équipe de France. Il a également bousculé l'idée reçue d'une formation qui peut davantage s'appuyer sur son assise défensive que sur son potentiel offensif. Les chiffres sont édifiants : les Bleus ont encaissé quatorze buts lors de leurs six dernières rencontres, dont neuf sur coups de pied arrêtés. Une fébrilité qui trouve des circonstances atténuantes dans l'obligation pour Raymond Domenech de s'adapter aux blessures des uns et des autres (Sagnol, Clerc, Gallas). Mais une fébrilité significative des forces actuelles des partenaires de Thierry Henry. L'international français le concède aisément : «Avant on arrivait à bien défendre, on avait cette capacité à laisser le ballon aux autres et à contrer. Désormais, notre meilleur aspect sur le terrain, c'est quand on a la balle. On est vraiment bien que comme ça». Le retour de Franck Ribéry et l'émergence de Yoann Gourcuff participent à accréditer cette analyse. «Ce sont eux les patrons du milieu».
Outre la présence de ces deux leaders techniques, cette mutation est surtout le fruit «d'erreurs d'inattention» (Boumsong), à l'image du premier but roumain sur lequel toute la défense française -et particulièrement Patrice Evra- s'est laissée surprendre. «Il y a un moment où on se regarde et où le joueur roumain réagit plus vite que tout le monde», raconte Henry. «Tout est une question d'anticipation, reprend Boumsong. L'attaquant roumain a bien joué le coup». Le défenseur de Lyon reste cependant «optimiste» pour les prochains rendez-vous des Bleus. «Dans l'ensemble, je trouve qu'on n'a pas concédé beaucoup d'occasions. Et puis, c'est vrai qu'on prend plus de buts, mais on marque plus aussi. Il faut simplement croire que, pour l'instant, la providence n'est pas avec nous». Tout comme la concentration sur les coups de pied arrêtés. «Et pourtant, on les travaille ! C'est ça qui est frustrant...», insiste Henry.
«De l'anxiété ? Dans la tête des gens, oui»
Les joueurs de l'équipe de France ne trouvent pas d'explications rationnelles à cette carence qui n'est pourtant nouvelle. Depuis la prise de fonction de Raymond Domenech, dix-huit des trente-sept buts encaissés par les Bleus l'ont été sur coups de pied arrêtés. «Tu les travailles, tu sais que l'équipe roumaine est dangereuse dans ce domaine, tu savais que l'Autriche l'était également et malgré tout..., constate Henry. Il y a des périodes comme ça. J'en ai connu une à Arsenal. L'an dernier avec Barcelone, c'était la même chose, sauf que maintenant, c'est nous qui les mettons. Tu ne sais pas pourquoi...». Un discours partagé par le latéral droit, Bakary Sagna, pas inquiet pour un sou. «La moitié des buts en Europe sont marqués sur coup de pieds arrêtés. Il ne faut pas que ce soit une frayeur à chaque fois. Il faut simplement progresser dans ce domaine». Le Gunner assure que les Bleus ne nourrissent aucune anxiété particulière dans ce domaine. «Dans la tête des gens, oui, il y en a peut-être. Maintenant, nous, on est assez confiant pour être solidaires et pour se mobiliser au moment voulu». Les chiffres ne lui donnent pas tout à fait raison. - Emery TAISNE, à Clairefontaine

